LexCy(que)

Droits de l’homme et de la citoyenne



Cy Jung — LexCy(que) : Droits de l'homme et de la citoyenne

Ma phrase [*] : Cela lui permit de retrouver une certaine décontraction et de savourer la descente en dépit de ses cuisses plus dures que les convictions politiques de Dene Manduakila, vice-présidente de la sixième chambre correctionnelle du TGI de Dijon, militante syndicale et des droits de l’Homme — et c’était peu dire !

* Développement initial (28 août 2011)
* Addenda (30 mars 2015) — Quid des droits de l’humain ?

Cy Jung — Piste roseIsabelle participe toujours peu ou prou aux corrections de mes manuscrits. Lors de sa relecture de Piste rose, elle m’a posé la question de savoir s’il fallait bien mettre une majuscule à « homme » dans « droits de l’homme ». J’en ai toujours mis une, considérant qu’il s’agissait là d’un terme désignant le genre humain dans son intégralité ; que la majuscule lui conférait en outre une dignité, une hauteur particulière…

Un tour rapide par le Petit Robert suffit à me convaincre du contraire, puisqu’« homme » autant que « citoyen » ne prennent pas la majuscule dans la Déclaration (majuscule, cette fois) du même nom. Quant au Dictionnaire d’orthotypographie, il cite Marouzeau (1941) : « La majuscule initiale nous permet de personnifier une notion (la Loi), de magnifier une évocation (le grand Tout), d’exprimer la déférence (Madame, Sa Sainteté). »
Ces usages stylistiques de la majuscule, que l’on pourrait d’ailleurs discuter, ne me paraissent pas s’appliquer à mon objet « homme », qui est certes un terme générique, mais ni plus ni moins que « table » ou « tabouret » quand on ne spécifie pas de quelle table ou quel tabouret précisément on parle. J’ai donc retiré ladite majuscule dans Piste rose, que vous pouvez toujours télécharger gratuitement ici.

Et c’en sera tout pour ce court article du LexCy(que) ?
Certaines questions trouvent rapidement une réponse même si tout n’est pas réglé. Grevisse indique dans son article sur la valeur générique [§489-1°] « homme (…) dont l’emploi pour « être humain » déplaît particulièrement aux féministes ». Et de se fendre, pour la circonstance, d’un long développement historique qui légitime cet emploi générique. La langue ne peut-elle donc pas évoluer tout en respectant son histoire ? On entend de plus en plus l’expression « droits humains » mais il est vrai que sa portée semble moins forte…
Que faire ? Je continuerai, pour ma part, à utiliser l’expression « droits de l’homme » car il ne me gène pas tant d’être, femme, part entière de l’homme qui, en la circonstance, est bien forcé, par l’étymologie elle-même, de me considérer comme part égale de lui-même.

Note : Je découvre à l’occasion de cet article que « majuscule » et « capitale » ne sont pas, en matière typographique, synonyme. Le Dictionnaire d’orthotypographie indique résume cela par cette phrase : « Dans « JE PENSE, DONC JE SUIS. », tout est en capitales, mais il n’y a qu’une majuscule. » Dont acte.

Quid des droits de l’humain ?

Une pétition circule depuis quelque temps pour que le terme de « droits de l’homme » soit remplacé par « droits humains ». J’ai fait un billet sur La Vie en Hétéronomie pour évoquer les risques qu’une telle substitution ferait peser sur nos droits, les « droits humains » n’étant pas forcément, adjectif oblige, des droits attachés à la personne humaine.
Mon billet « Biodiversité @8 » du 9 mars 2015 est en lecture ici.


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[*Phrase extraite de Piste rose, V4, avril 2010.


Information publiée le dimanche 28 août 2011.

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