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Extrait — « Cy Jung : la revendication de la sexualité féminine à travers la littérature »



Cy Jung — « Cy Jung, La reivindicación de lo sexual femenino a través de la (...)

Dominguo Pujente Gonzales, « Cy Jung, La reivindicación de lo sexual femenino a través de la escritura » In : Juan Vicente Aliaga, Ahmed Haderbache, Ana Monleón, Domingo Pujante, Miradas sobre la sexualidad en el arte y la literatura del siglo Xx en Francia y en españa [Regards sur la sexualité dans l’art et la littérature du 20e siècle en France et en Espagne], Universidad de Valencia, 2001, pp. 451-465.

Traduction française, Rosa Del Mar (2009)®

Cy Jung a découvert un jour par hasard cet article consacré à Once upon a poulette, partie d’un épais ouvrage universitaire. Après quelques péripéties, elle vous en propose aujourd’hui un extrait (le début de l’article où l’auteur pose ses hypothèses), grâce à la traduction faite très généreusement par Rosa Del Mar.
Si vous souhaitez en lire plus, contactez Cy Jung.

Note : cet article est en lecture en version espagnole sur GoogleBook.

Extrait. p. 452-454

Les notes autres que celles indiquant des références ont été enlevées.

Cy Jung — Once upon a poulette Cy Jung — Hétéro par-ci, homo par le ratAndrew Sullivan dans le prologue à son essai intitulé Pratiquement normal affirme que « ce livre ne parle pas de comment chaque individu affronte sa sexualité, mais de comment nous, comme société, nous affrontons la petite minorité homosexuelle » [*]. C’est que le problème de l’acceptation ou non des minorités réside dans la division séculaire entre le privé et le public. Et dans ce sens l’oeuvre de Cy Jung, même partant du domaine de la fiction romancière et du privé, prétend atteindre un objectif identique, fuir le radicalisme et la malédiction de beaucoup d’écrivains homosexuels pour défendre le sens commun en offrant une vision paisible et sans préjugés de la sexualité féminine et concrètement homosexuelle. Tant l’auteure dans ses postulats de nature théorique que les personnages de ses deux romans publiés jusqu’à aujourd’hui (Once upon a poulette, 1998 ; Hétéro par-ci, homo par le rat, 1999) luttent pour fuir la marginalisation pour se situer au centre de la vie sociale sans offrir le dur tribut du renoncement à leur spécificité sexuelle, une identité continuellement revendiquée à travers le plaisir sexuel et féminin. Il s’agit selon moi d’un pari pour l’égalité qui part du principe du respect de la différence.
En choisissant pour illustrer mes propos le premier roman Once upon a poulette (Érase una vez una pollita ; dans le sens de femme jeune et attirante) d’une écrivaine débutante je prétendais faire connaître une débutante mais je crois prometteuse auteure de 35 ans nommée Cy Jung (…) qui serait une dernière héritière — mis à part quelques différences — du dénommé féminisme de la construction dont la figure culminante ou de référence pourrait être Monique Wittig et que suivraient beaucoup d’autres qui montrent l’important vivier d’auteures françaises qui revendiquent une écriture où le désir féminin et lesbien devient le leitmotiv et l’axe d’articulation de ladite écriture. Rappelons que Wittig refuse les théories psychanalytiques qui considèrent le désir du point de vue masculin et où la problématique lesbienne est traitée comme un « cas » et donc comme une maladie et non comme un phénomène normal et courant [**]. D’après Wittig « toute la mythologie sexuelle existante est basée sur des concepts unilatéraux qui réduisent la femme à la panique fasse au puissant. Comme solution elle suggère l’amour lesbien, qui n’implique pas d’attitude initiale de défense, qui n’a pas besoin de dépasser la différence et introduit une nouvelle perspective. » [***]

De toute manière, la grande avancée de Cy Jung par rapport à certaines de ses prédécesseures est qu’elle est consciente, à mon avis, de ce que pour arriver à une autoaffirmation à travers un processus de conscientisation il n’y a pas besoin de détruire le langage pour en créer un nouveau (à ce niveau se situerait la critique déconstructiviste), mais que l’on peut profiter des formes déjà existantes pour suggérer, créer ou transmettre une sorte d’identité qui n’obéisse pas à la répartition traditionnelle des rôles sociaux-culturels. De plus elle se montre connaisseuse de la difficulté d’échapper aux relations de pouvoir instaurées par la domination masculine pour peu qu’il s’agisse de bouleverser lesdits schémas ankylosés à travers une écriture qui situe le désir féminin au centre de celle-ci. L’auteure précise : « J’ai effectivement travaillé le vocabulaire, notamment celui du sexe et du désir. Le vocabulaire en usage est hétérosexuel et j’ai éprouvé le besoin d’en réinventer une partie. La plupart du temps, la solution se trouvait dans la métaphore. » [****].
Même si à première vue cela paraît contradictoire, cette écriture est, selon moi, revendicatrice sans devoir adopter forcément une attitude combative et sans mettre de côté en aucune manière sa configuration artistique ou même lyrique.


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[*Sulivan, Andrew, Pratiquement normal, Madrid, Alba, 1999.

[**Voir Ciplijauskaité, Birité, Le roman féminin contemporain (1970-1985). Vers une typologie de la narration à la première personne, Barcelone, Anthrhopos, col. Biblioteca A, 1994, p.167.

[***Voir Wittig, Monique, « The straght Mind », in : Feminist Issues, 1, verano 1980 pp. 103-111.

[****Jung, Cy, Lesbia Magazine, décembre, 1998.


Information publiée le mercredi 9 décembre 2009.

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