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Brocoli rose

Version numérique (PDF, ePub, iBook & Kindle)



Françoise Maribel, célèbre romancière belge couverte de prix littéraires, s’est installée à Paris, ville de gastronomie et d’écriture afin de travailler sur un livre de recettes de cuisine autour du brocoli. Elle y vit dans un sobre meublé, convaincue de rejoindre bientôt Liège et Sidonie, celle-ci ne pouvant que lui pardonner ses frasques, comme elle l’a toujours fait. Les jours passent, les amantes se suivent, les pages s’écrivent et l’amour… Quel amour ? Faut-il en être la plume pour ne plus y croire ?
Dans ce septième roman rose, Cy Jung croque la vie mouvementée d’une écrivaine aussi touchante qu’agaçante et nous plonge dans l’intimité de l’écriture du désir, celle dont justement elle se régale, recettes de brocolis en prime.

Première édition numérique !
Homoromance éditions (mai 2021).
En téléchargement dans plusieurs formats numériques.

Prix : 5,90 euros.
Note de Cy Jung. Pour une meilleure rémunération de l’éditeur (donc plus de romans lesbiens à la publication), privilégiez l’achat direct sur sa plateforme. L’éditeur étant basé au Canada, votre banque pourra vous facturer une commission.

Extraits

— Ah ? récrimina Françoise qui ne put totalement dissimuler son légitime désappointement. Vous manquerez à l’assistance.
Mais pourquoi dire une chose pareille ? Françoise l’ignorait ; ce genre de réplique lui venait naturellement, comme si sa vie était, à l’instar de ses livres, une intrigue de romance. Ne pouvait-elle pas, pour une fois, être sincère, avouer sa solitude, son sentiment que le monde négligeait son talent autant que ses atours, sa souffrance à tant d’injustice ? Et puis quoi encore ? Françoise Maribel, la grande dame de la littérature célébrissime auteure de vingt-quatre romans — dont deux consacrés par le Fémina et le Prix des libraires —, deux essais, deux biographies, des poèmes, des nouvelles et de nombreuses autres petites choses, membre du jury du Goncourt et pressentie pour intégrer l’Académie royale — dès qu’elle déciderait de rentrer vivre en Belgique, ce qui ne serait pas sitôt — avait sa dignité ; elle aimait aussi que ses lectrices crussent que l’écriture et la notoriété rendaient heureux.

Anaïs la laissa s’amuser un temps avant de glisser sa main à cet endroit. Elle dut un peu forcer le passage Françoise voulant à la fois le plat de la cuisse et l’apex du doigt. Quand il atteint le cœur de sa vulve, il y eut comme un éclair, une sorte de décharge si forte que la grande dame de la littérature voluptueuse, pourtant si prompte à tout contrôler, ne put gouverner. Son plaisir fusa, très vite, très fort. Elles furent toutes deux presque déçues d’une telle fulgurance ; l’idée de sa répétition les réjouit aussitôt. Avant cela, Anaïs vint poser son sexe sur la bouche de Françoise, les deux genoux de chaque côté de sa tête, les paumes appuyées contre le mur. La chatterie pouvait commencer. À l’instar de la précédente, elle provoqua un orgasme foudroyant qui les surprit d’autant qu’il fût accompagné d’un écoulement appréciable de liquide.
— J’ignorais que tu étais une femme fontaine, s’étonna Françoise dans un sourire vainqueur en revenant des toilettes dans la pause qui s’en ensuivit.
— Moi aussi ! rigola Anaïs. Viens vite, on recommence !

L’écriture d’un roman était prématurée ; certaines lignes de force, pourtant, auguraient du meilleur. La trame y était. Le travail et l’expérience feraient la suite. Pour ce qui était de son ouvrage culinaire, elle allait avoir besoin de conseils avisés. Il y avait les recettes, bien sûr, mais elle hésitait sur le type de texte à intercaler : elle avait le choix entre de courtes fictions érotiques, sans liens directs avec le brocoli, autre forme de gastronomie qui transformerait un vulgaire livre de cuisine en une gourmandise à ne pas mettre à portée des enfants — qui avaient des sources forcément plus redoutables pour alimenter leur imaginaire de pervers polymorphes — et des digressions plus « philosophiques », si elle pouvait le dire ainsi, touchant à l’existence et à l’écriture. Elle ne savait trancher.
Aimant battre le fer pendant qu’il était chaud — et pas simplement pour repasser serviettes et torchons —, elle envoya sur-le-champ un mail à son éditeur pour lui demander s’ils pouvaient se voir la semaine suivante. Cela lui laisserait le temps de peaufiner ses différentes hypothèses. Et voilà comment on transformait une fin de semaine tranquille en plusieurs jours de travail intensif. Il était l’heure d’aller dîner et de se mettre au lit. Elle mangea une petite soupe, maison, bien sûr, accompagnée de crudités, d’un yaourt — maison également — agrémenté de cannelle, gingembre et graines de lin et d’une belle pomme fort juteuse. Avec sa camomille, elle s’installa dans un fauteuil pour consulter son fil d’actualité Facebook et ses courriels. Ceux-ci lui indiquèrent que LGV s’était (enfin) manifestée.



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