[e-criture]

[#95] La petite fille qui pense à sa mort (V-01)



Cy Jung — [e-criture] [#95] La petite fille qui pense à sa mort (...)

[Le prétexte] Je traverse le cimetière du Montparnasse. Un homme tient une petite fille par la main. Elle dit.
— Quand je suis dans un cimetière, je pense à maman.
— À ta maman ?
Elle s’exclame en appuyant chaque syllabe, surtout en fin de phrase.
— Non ! À ma mort.


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
Gaëlle consulte ses courriels pour la troisième fois en une heure. Elle attend un retour de la cliente à qui elle a envoyé des échantillons visuels de tissus qui l’intéressent pour qu’elle fasse une présélection avant de les lui poster. Elles se connaissent depuis une année déjà ; Firmine l’avait contactée car elle cherchait une étoffe très particulière pour réaliser une pièce unique ; Gaëlle la lui avait trouvée. Depuis, leurs échanges sont très agréables. Il s’y glisse petit à petit de ces éléments donnant à une transaction commerciale ce petit quelque chose de sympathique qui agrémente favorablement toute vie professionnelle.
Rien de très personnel, bien sûr ; ni d’intime. Mais, avec ce foutu virus, l’isolement porte à s’attacher rapidement à tout ce qui s’apparente à de la chaleur humaine. C’est sans doute à cela que Gaëlle doit son impatience ce d’autant que ce matin, elle a eu affaire à un négociant mal embouché qui la tenait pour responsable des retards de livraison de trois conteneurs de tissus artisanaux indiens bloqués par le Brexit à la frontière du Comenwelth dans le port de Southampton. Elle se lève se servir un café, petit avantage du télétravail qui ne compense pas les cinq kilos pris à avoir un accès rapide aux placards de sa cuisine.
Elle a dû se résoudre à les vider de tout ce qui favorise l’embonpoint et à se doter d’un vélo d’intérieur pour stopper la courbe haussière. Elle est sur un palier, comme le virus, et espère que les beaux jours lui permettront de retrouver son bureau et de libérer la chambre d’amis et le garage transformés en entrepôts. Heureusement que la maison est grande ! Elle n’imagine pas ce que serait sa vie si elle habitait un appartement comme son banquier le lui a suggéré quand elle a dû faire face, au décès subit de son mari, à des difficultés de paiement de leur emprunt.
Elle a tenu bon et savoure à l’instant la vue sur le jardin qui, depuis un an, est son seul loisir, restrictions de sortie obligent. Elle l’observe, debout devant la baie vitrée, tasse de café en main. Il faudra qu’elle demande au fils du voisin de venir l’aider à faire un grand nettoyage d’avant printemps ; les semaines filent et il ne faut plus tarder.
Elle retourne poser sa tasse dans la cuisine, se rassoit devant son ordinateur et jette un œil sur son téléphone. Un texto de sa cliente est arrivé il y a dix minutes sans qu’elle ne l’entende.
« Pouvez-vous m’appeler en visio dans la matinée ? Je suis intéressée par plusieurs échantillons mais votre ressenti tactile m’est précieux. »
Ce n’est pas la première fois qu’elles procèdent ainsi. Gaëlle songe que c’est l’essentiel de ce qui a rendu leurs échanges plaisants, ce partage de toucher à distance qui lui a fait prendre conscience qu’elle manipule les coupons sans s’imprégner de leur matière ni de leur tissé. Firmine les lui fait caresser du bout des doigts mais aussi du plat et du dos de la main ; elle les frotte contre ses bras ; ses joues également. Puis elle les plie, observant les réactions de la trame sur différentes contraintes.
Cet examen particulier révèle la qualité ou la fragilité des étoffes. C’est en outre très sensuel, Gaëlle doit bien en convenir même si c’est incongru, et la perspective d’une nouvelle séance de sélection la ravit. Avant de répondre, elle fait un détour par la salle de bains réviser sa mise et son discret maquillage. En geste réflexe, elle vaporise du parfum dans son cou. Cela peut sembler idiot pour un rendez-vous en visio. Cela ne l’est pas ; Gaëlle, quand elle se sent pimpante, est toujours meilleure commerciale. Elle ignore pourquoi.
Quand elle revient dans la salle à manger où elle a installé son bureau, elle trouve un deuxième texto de Firmine.
« Réflexion faite, j’ai un grand besoin de bouger. Si cela est compatible avec les règles sanitaires, et que cela vous convient, je peux prendre ma voiture et venir jusqu’à vos locaux en début d’après-midi. Je m’arrangerai si besoin avec le couvre-feu. »
Gaëlle blêmit. Les bureaux de l’entrepôt sont fermés. Seuls les ouvriers sont là pour assurer la manutention des marchandises. Il lui faudrait la recevoir chez elle et… N’est-ce pas dangereux avec la circulation de tous ces variants ? Même à Noël, elle a refusé que sa fille, son gendre et leurs deux enfants viennent déjeuner, comme d’habitude. Le risque ne serait-il pas démultiplié avec une étrangère ? La voisine passe boire le café de temps en temps ; sa fille vient aussi, seule ; la comptable la rejoint une fois par mois pour qu’elles fassent le point ; elle reste bien deux heures et il n’y a jamais eu aucun problème.
Au début, elles gardaient le masque. Désormais, elles s’installent dans la longueur de la table et Gaëlle aère avant et après. Quand le livreur de l’entrepôt apporte des colis, elle lui offre toujours une collation, et… Le nombre de visiteurs commence à être conséquent ! Gaëlle regarde sa montre. Il est 10 heures. Sa cliente a deux heures de route. Cela laisse un peu de temps.
« Nos bureaux sont fermés mais j’ai vos échantillons chez moi. C’est grand et bien ventilé. Je n’ai aucun symptôme. Ma vie de patachon solitaire me protège. »
Quelques textos et une demi-heure plus tard, Gaëlle sort du congélateur des tomates farcies maison non sans avoir vérifié que son hôte n’est pas végétarienne. Elle a dit apporter le dessert, une compote avec des fruits du jardin et des sablés à la noisette qu’elle fait elle-même. Ce sera parfait. Son intérieur doit l’être aussi. Elle donne un coup d’éponge aux toilettes, passe l’aspirateur dans le salon, aère un long moment, vérifie que rien ne traîne de-ci de-là et astique ce qui peut l’être dans la cuisine. L’horloge sonne midi. Elle doit se dépêcher. Elle jette un œil rapide à sa messagerie, se déconnecte de la plate-forme collaborative, s’assure de sa propre mise dans le miroir de la salle de bains et allume un feu dans la cheminée.
Est-ce vraiment un décor professionnel ? Gaëlle rit. Quitte à ne pas être au bureau, autant se faire plaisir. Elle a toujours aimé vivre et recevoir dans un confort chaleureux. En ces temps de restriction tous azimuts, ce choix de longue date a trouvé une nouvelle validation. Elle regarde les flammes qui, du petit bois, se propagent aux bûches fendues. Un coup de Klaxon la fait sursauter. Elle se précipite à l’extérieur et rejoint Firmine qui l’attend debout, un masque sur le visage, à l’extérieur du portail. Elle l’ouvre.
— Bienvenue ! Je suis ravie de vous rencontrer. Entrez votre voiture.
Ce que elle. Gaëlle referme le portail, emplie d’une drôle de joie. Elle retrouve son invitée déjà affairée à sortir le dessert du coffre.
— Laissez-moi vous aider…
Firmine pose dans ses bras une petite caisse en carton remplie de divers pots et boîtes. Sa main frôle au passage celle de Gaëlle. La joie se commue sitôt en effervescence. Quelle bonne idée que ce déjeuner professionnel ! Firmine la suit jusque dans la cuisine chargée d’un gros sac. Gaëlle l’invite à retirer son masque. Firmine demande où se trouvent les toilettes. Quand elle en revient, Gaëlle a mis les tomates farcies au four et sorti de quoi boire l’apéritif.
— Un alcool, un vin cuit, un « soft » ?
— Un doigt de Porto, avec plaisir.
Elles trinquent, bavardant de cette route qui n’était pas si longue et sans trop de camions, de ce week-end qui s’annonce avec l’envie de jardiner un peu, du télétravail qui occupe trop les journées mais permet néanmoins de mieux manger qu’au bureau, de ces desserts apportés par Firmine…
— Faut-il mettre la compote au frais ?
— Je la trouve meilleure à température.
L’alarme du four les attire dans la cuisine. Firmine déballe le contenu de la cagette posée sur la table : trois pots de compote stérilisée maison, deux de confiture, une boîte de sablés, de la pâte de coing et du pain d’épices survivant des fêtes de Noël. Gaëlle s’en lèche les babines. Elle propose qu’elles mangent d’abord, puisque c’est chaud, et qu’elles travaillent ensuite. Firmine acquiesce. Elle meurt de faim.
Une heure plus tard, elles boivent le café devant la cheminée. Gaëlle a sorti du chocolat qui se marie parfaitement avec les sablés. Elle se lève un instant secouer une bûche. Son regard croise l’horloge qui trône sur le mur opposé à la terrasse.
— Mon Dieu ! Déjà 15 heures. Mettons-nous au travail !
Elle entraîne Firmine vers la chambre d’amis où des étagères rajoutées à la va-vite hébergent des kilos de coupons. Sur une table, au centre de la pièce, est étalée la dizaine qui peut intéresser sa cliente. Trois attirent son attention. Elle les emporte dans le salon où la lumière est plus vive.
— C’est vraiment de la belle étoffe ! Je vais m’en régaler ! J’ai dessiné une sorte d’étole qui a besoin à la fois de souplesse et de rigidité. Je vais vous montrer.
Elle s’en va chercher le lourd sac qu’elle avait posé tout à l’heure dans l’entrée. Elle en sort une pièce d’habillement qui, vue de loin, ne ressemble pas à grand-chose. Gaëlle reconnaît deux tissus qu’elle lui a vendus mais qu’elle n’aurait pas eu l’idée de combiner. Firmine s’approche d’elle et installe l’étole sur ses épaules avant de l’y enrouler à demi puis d’en nouer deux pans. Elle recule d’un pas.
— Vous êtes magnifique !
Gaëlle redresse le buste et court presque jusqu’au miroir en pied qui se trouve dans sa chambre au fond du couloir. Firmine la rejoint. Gaëlle se pâme, telle une princesse qui découvre sa robe de bal. Elle se tourne à l’arrivée de Firmine.
— Vous avez raison, cette étole est magnifique ! Vous êtes une artiste.
— Attendez…
Firmine se place derrière elle et rajuste le tissu tout en regardant le résultat dans le miroir. Elle tire par-ci, échancre par-là, plisse avec l’aide d’une épingle qu’elle prend sur le bracelet porte-épingles qu’elle n’avait pas manqué d’apporter. Gaëlle laisse faire, grisée par ces mains qui font vivre l’étoffe dans des mouvements d’une fluidité rares. D’un dernier geste aussi ferme que paisible, Firmine lui ouvre les épaules.
— Voilà, c’est ça. Une petite retouche et ce sera parfait. C’est quand même plus probant de travailler sur un corps réel que sur un mannequin en plastique.
Elle rit puis invite Gaëlle à retirer l’étole, sans la dénouer ni retirer les épingles. Gaëlle lève les bras. Firmine fait glisser le tissu vers le haut. Au moment où il passe les poignets, Firmine, sur la pointe des pieds, perd l’équilibre. Elle n’a d’autre choix que de lâcher prise et de s’accrocher à Gaëlle qui peine à son tour à rester debout. Elle sort une main de l’étole et se rattrape au montant du lit. Elles sont collées l’une à l’autre. Gaëlle baisse son deuxième bras. L’étole atterrit sur le lit sans qu’aucune ne s’inquiète de son état. Les lèvres de Firmine cherchent celles de Gaëlle. Celles-ci, loin de se dérober, entraînent le baiser dans une passion qu’elles n’avaient pas connue depuis… depuis ?
Quand elles reprennent leur souffle, Firmine s’écarte.
— Excusez-moi Gaëlle, je ne…
— Vous… ?
— Disons que j’en avais très envie mais ne souhaitais pas précipiter les choses.
Gaëlle reste dos au montant du lit, incapable de trouver quoi dire, quoi faire. Tout cela est si inattendu. Elle tourne les yeux vers l’étole.
— Je crains d’avoir abîmé votre ouvrage.
Firmine sourit. Elle s’écarte encore.
— Je vais rentrer. J’y serai juste avant le couvre-feu.
— On vous attend ?
— Non.
— Restez, s’il vous plaît.
— Vous êtes sûre ?
Gaëlle fait non de la tête puis place ses bras autour de ses épaules. Elle colle son ventre contre le sien.
— Vous devez savoir que je n’ai jamais…
— Je sais.

Gaëlle observe le rayon de lune qui éclaire le corps assoupi de Firmine. Qu’est-ce que c’est joli ! Elle avance la main, se retient. Elle ferait mieux de dormir un peu. Elle tire le drap sur elles deux et ferme les yeux, ravie.



Cy Jung, 4 mars 2021®.

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