D’un jour à l’autre

Ma rentrée littéraire



Cy Jung — École maternelle des Drapeaux, Dijon, décembre 1966.

Hou ! là là ! c’est déjà la rentrée, littéraire si j’en crois l’interview donnée ce matin à France info par Amélie Nothomb, soucieuse que l’on retrouve son dernier roman au milieu des sept cents nouveautés 2009. Juste avant, c’était Gilbert Montagné qui faisait sa rentrée, frais émoulu secrétaire national au handicap de l’UMP, en faisant ricaner un journaliste subjugué qu’un non-voyant puisse dire « Il faudrait être aveugle pour… ». J’ai entendu les deux d’une oreille transpirante voire affligée alors que j’attaquais les Grandes Jorasses bien en ligne sur Stepper — 26 minutes ; 228 calories — inquiète soudain de devoir, moi aussi, faire ma rentrée.
N’avais-je d’ailleurs pas prévu de mettre en ligne ce matin du 31 août 2009 un nouvel éditorial dans la rubrique D’un jour à l’autre ? Oui, c’était au planning. « Hou ! là là ! couinais-je encore plus fort que Stepper. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? » Cet éditorial, qui a vocation à rester en ligne deux à trois mois, doit tenir un peu la distance. J’avais songé la semaine dernière à parler d’amour… Ah ! l’amour. Je préfère garder le sujet pour mes romans ; trente lignes n’y suffiraient pas et trois mois pourraient s’avérer superflus ! Je suis caustique, ce matin du 31. Je gage que vous mettrez cela sur le compte de cette rentrée qui exige un éditorial là, vite fait, maintenant, avant tant d’autres choses.
Car si ma rentrée littéraire peut correspondre à ce texte-là, mon autre rentrée est dans trois jours, la « vraie », ma rentrée d’écriture après trois semaines d’interruption ; j’ai un roman à terminer ; un rose, qui en est à 90 pages de sa VI et qui doit atteindre sa V2 corrigée à la fin septembre.
Je vous sens sourire, caustiques à votre tour. Pourquoi une telle pression, ce d’autant que si je reprends jeudi — j’ai choisi de me caler sur le calendrier scolaire car j’adore les quatre-heures —, j’ai bien le temps de faire ce que j’aurais à faire ? Pauvre de vous, lecteurs, qui croyez que les écrivains n’ont qu’à écrire des romans pour remplir leurs journées car même Amélie Nothomb — si si ! — doit assurer la promotion de son travail. Il me reste donc trois jours pour :
* Anticiper les mises à jour de ce site sur tout le mois de septembre afin d’avoir l’esprit — et le temps — libre pour finir mon rose et travailler au plan du suivant (LexCy(que), News, Agenda, et quelques surprises à venir) en plus de ce foutu éditorial ;
* faire la publicité des deux signatures que nous organisons avec Véronique Bréger respectivement à la Vénus noire le 17 septembre et à la Champmeslé le 22 octobre.
Je dois aussi préparer ma participation à l’échange « Ma visibilité, rêve ou réalité » du week-end du groupe Femmes de David et Jonathan aux côtés de Stéphanie Arc, Véronique Bréger et Eli Flory, courir demain mardi 5 kilomètres s’il ne fait pas trop chaud sinon Stepper, piscine mercredi, préparer pour ce midi un « quinoto » — soit un risotto où le riz est remplacé par du quinoa —, passer l’aspirateur, manger une pizza avec Sarah, tenter de faire descendre le tas de Parisien que me donne une voisine — j’en suis à la mi-juin ; misère ! —, apporter du brocoli à ma Jeannine qui adore le brocoli surtout si c’est moi qui le prépare, boire un café avec Fanny, répondre aux mails en retard, numériser Portishead, écrire à mon FAI en le menaçant de saisir l’Arcep — un classique ! —, passer à la pharmacie, et… et… ah ! oui : j’ai failli oublier l’essentiel : prendre une douche.
Je ne peux décemment pas faire ma rentrée si je ne sens pas bon le lait à la vanille et la crème de jour, un léger parfum sucré dans les cheveux. C’est important, de sentir bon, pour un auteur… Cela donne-t-il un peu de légèreté au texte ? À relire cet éditorial trempé de la sueur accumulée sur Stepper, il ne faut pas en douter.
Je file sous la douche, promis ; j’ai envie d’écrire des textes propres et légers. Et jeudi, je m’accrocherai aux grilles de l’école maternelle en hurlant après maman qui m’abandonne au milieu de tous ces enfants morveux porteurs de la grippe A et qui puent même quand ils ont pris une douche ! Ah ! la rentrée… que de souvenirs émus.

Cy Jung, 31 août 2009.

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Information publiée le lundi 31 août 2009.

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