[e-criture]

[#76] La laverie qui fait déclic (V-01)



Cy Jung — [#76] La laverie qui fait déclic (V-01)

[Le prétexte] Je croise deux vieilles dames.
— Chaque fois que je passe devant la laverie, je pense à toi.
— Ah ?


Petit rappel liminaire

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[La nouvelle]
Pendant les vacances, le gymnase où Joséphine donne ses cours est fermé. Elle a rappelé Eunice juste après le camouflet que lui a infligé Louisette. Elle l’a cueillie à froid. Cela l’a sonnée. Tout est remonté ; les histoires ratées, que des histoires ratées, parce que la vie commune l’ennuie, parce que le désir la porte à faire n’importe quoi comme oublier qui elle a en face d’elle. Au téléphone, elle avait des sanglots dans la voix. Eunice lui a dit de rappliquer. Elle a couru, espérant… espérant… Elle n’avait pas pensé qu’une autre pouvait être là. C’était mieux ainsi, ce d’autant que Camille est d’une gentillesse rare.
Après un bon repas sans une goutte d’alcool (agréable surprise), elle s’était glissée dans le canapé que Eunice avait déplié, lui souhaitant de beaux rêves considérant, goguenarde, que Louisette y dormait souvent.
— Moque-toi de moi !
— Tu as raison, tu es une proie trop facile.
— Qu’est-ce que je fais avec Louisette ?
— Ce que tu veux ; ce n’est pas mon histoire.
— Jeudi, je n’ai pas de cours…
— Tu connais le chemin.
Eunice avait prévenu Louisette.
— Tu as invité cette s… ?
— Louisette ! Ce qu’il s’est passé entre Joséphine et moi ne te regarde pas ; tu ne sais rien pour la juger. Et je te rappelle que c’est toi qui lui as parlé d’un entraînement.
Louisette avait ravalé son ressentiment, promettant à Eunice de le ressortir à la première incartade. La veille, Joséphine avait confirmé sa venue. Eunice avait téléphoné à quelques filles qui s’entraînaient parfois chez elle pour les inviter, histoire d’éviter le trop compliqué tête-à-tête. Camille avait proposé son aide et profité de sa journée de vacances pour anticiper un apéro dînatoire. Il est 16 heures 30. Eunice débarrasse une partie de la salle pour installer deux grandes tables et des chaises. Louisette pose son sac près de la porte du vestiaire filles et va l’embrasser.
— J’ai un souci. Ma partenaire s’est plié les croisés dimanche aux qualifs IDF. Je n’ai plus personne pour mon passage.
— Ne t’inquiète pas, je vais te trouver un remplaçant. J’ai des jeunes très capables dans mon cours d’ados. On fera aussi un appel ce soir, si tu veux ; j’ai invité des copines à se joindre à nous.
— Je ne préférerais pas que ce soit Joséphine…
— Tu te prends pour qui, Cocotte ? Tu crois que tu es si irrésistible que les filles que tu mouches se précipitent pour te saisir le kumikata ?
— Non. Mais je sais que la culpabilité étouffe les valides mal embouchés du handicap et qu’elle va tenter de se rattraper.
Eunice rit.
— Là, tu n’as pas tort. Allez ! Va te changer. Si elle voit encore tes nichons d’albinos, elle ne s’en remettra pas !
Louisette rit aussi. Elle ressort du vestiaire dix minutes plus tard et croise trois filles qu’elle ne reconnaît pas mais qui se présentent spontanément ; c’est agréable, ce d’autant qu’elle les connaît. À 5 heures, elles sont neuf sur le tatami à se mettre en place pour le salut face à Eunice. Elle les remercie d’être là, demande qui doit travailler quoi… En plus de Louisette, un couple révise un programme ; les autres sont juste venues faire du judo. Joséphine entre en courant dans la salle. Elle s’excuse de son retard et s’engouffre dans les vestiaires.
Quand elle revient, toutes sont déjà en action. Eunice surveille d’un œil celles qui travaillent en couple, donnant des consignes supplémentaires à la cadette qui s’est proposée pour servir de partenaire à Louisette : elle doit s’habituer à ses déséquilibres, les compenser pour lui permettre de faire son judo. C’est compliqué. Joséphine se glisse dans le groupe qui s’échauffe en cercle avec des Uchi komi. Elle aurait bien aimé profiter du tatami pour se rapprocher de Louisette, espérant la convaincre qu’elle n’est pas si mauvaise fille qu’elle en a l’air.
Si ce foutu métro avait roulé normalement, elle aurait été à l’heure ! Maintenant, elle a une partenaire ; un peu trop jeune et inexpérimentée… Joséphine n’a plus qu’à prier pour que Eunice fasse la même analyse et lui donne sa chance, ce d’autant qu’elle n’a pas très envie de transpirer pendant deux heures. Il reste deux tours. Elle s’applique. Il ne faut pas non plus que Eunice la voie tirer au flanc ; elle lui en ferait forcément la remarque et la grillerait un peu plus. Le dernier tour s’achève. Les six judokas respirent fort. Eunice les laisse reprendre leur souffle et appelle les deux couples en révision.
— Je vous propose une répétition générale de la nomenclature, comme ça on peut travailler toutes ensemble. On finira par des randoris pour celles qui n’ont pas de programme. Cela vous va ?
Toutes acquiescent.
— Il s’agit de faire chaque prise avec maîtrise et sincérité ; pas simplement de dire « Ah ! je la connais » et de rentrer un truc mou. Je vous les remontre par séries cohérentes ; on y travaille dix minutes et on enchaîne. Si je vois que vous faites des formes particulières, vous les démontrerez aux autres. Joséphine ?
Elle s’approche, salue. Eunice commence par les Goshi et apparentée. Sa partenaire mange gros, ce qui a le don d’élargir le sourire de Louisette de prise en prise. Joséphine s’en amuse. Elle a toujours aimé chuter et il ne faut pas plus de trois chutes pour qu’elles retrouvent, avec Eunice, leurs réflexes de gamines qui surjouaient le vol plané. Une fois la série démontrée, Louisette rejoint sa partenaire qui a trouvé ses marques et considère que cette bigleuse s’en sort sacrément bien au vu de son peu d’équilibre. Elle se laisse même surprendre et vole parfois plus que nécessaire. Eunice passe de couple en couple, précise des points de détail, encourage, félicite et sollicite de nouveau Joséphine pour une nouvelle série.
Le cours va ainsi sans que personne ne se soucie de l’heure qui tourne hormis Camille qui se demande à quel moment elle doit sortir les boissons du réfrigérateur. Le reste est prêt. Elle s’avance vers le tatami et désigne l’horloge murale à Eunice. « 19 h 11 » Eunice arrête le cours, organise le salut et s’excuse de ne pas avoir laissé de créneau pour les randoris et révision de programme… Aucune ne lui en fait le reproche ; elles ont vraiment bien bossé.
— Camille nous a préparé un apéro.
Elles applaudissent et s’éparpillent en direction du vestiaire. Louisette reste avec Eunice pour aider Camille aux derniers préparatifs. Elle n’a surtout pas envie de se retrouver face à face avec cette fille qui n’a même pas été foutue de lui adresser un mot durant tout le cours. Une pouffiasse de première ! Camille commande à Eunice d’aller chercher de la glace. Elle tend à Louisette une pile d’assiettes.
— Pose-les là-bas… Elle te dévore des yeux, l’ancienne partenaire de Eunice.
— Ah ?
— Donne-lui une chance ?
— Pourquoi ?
— Parce que ça te ferait du bien de tirer un coup !
Louisette manque lâcher la pile. Est-ce bien Camille qui parle ainsi ?
— Je te choque ?
Louisette opine.
— C’était fait pour. La première fois que j’ai mis les pieds ici et que Eunice m’a placée face à mon désir, je sortais à peine de mon cancer, mastectomie en prime. Mon corps me faisait honte mais Eunice semblait en avoir envie. Alors je l’ai laissée faire en me disant que, dans le pire des cas, je saurais si j’étais encore capable de jouir… La veille, une amie m’avait suggéré de tirer un coup, avec n’importe qui, arguant que les petites lessives à la main, ça ne suffit pas à bien laver le linge. Ça m’avait choquée aussi ; quand Euncie m’a cherchée, ses propos crus me sont revenus ; et ça a boosté mon désir.
— Tu ne m’avais pas raconté…
Camille rougit. Eunice lui pince les fesses. Elles rient. Des judokas en tenue de ville arrivent ; puis d’autres ; et encore. Louisette considère qu’elles sont toutes là et se dirige vers les vestiaires, ceinture à la main. Camille en profite pour glisser à Eunice qu’elle a un peu déformé la vérité pour pousser Louisette à prendre ce qui vient. Eunice l’embrasse avec tendresse.
— Tu as bien fait… Mais je me souviendrai de cette histoire de lessive !
Le service et les bavardages les emportent. Dans le vestiaire, Joséphine est assise, contredisant le comptage fait par Louisette.
— Je t’attendais. Je voulais te parler…
— Je n’ai rien à te dire.
Elle lui tourne le dos pour se mettre devant le banc, face au mur, et retire sa veste de kimono. Joséphine se lève et se presse dans son dos.
— Tu peux m’écouter alors ?
Louisette frémit. Elle a envie de s’échapper, de lui en coller deux et de la sortir du vestiaire. Elle ne fait rien de cela. Parce qu’elle est 5e dan ? Oh ! non. Parce que la poitrine de Joséphine qui effleure ses omoplates se transforme en coups de poignard dans son bas-ventre et qu’une sensation pareille, c’est rare.
— Je n’ai pas l’habitude de tendre une deuxième fois la joue mais j’ai trop souvent pensé à toi ces derniers temps pour l’ignorer, ce d’autant que j’ai passé l’âge de tergiverser. Je me suis mal comportée avec toi ; j’étais en pleine rupture, déménagement à l’appui. Ce n’est sans doute pas une bonne raison, mais c’est ainsi. Ce soir, je suis venue pour bosser avec toi ; mais le métro en a décidé autrement. C’est peut-être mieux ainsi. Il n’est jamais bon de confondre judo et désir.
La voix de Joséphine sa casse un peu. Elle avance de quelques millimètres. Louisette a la sensation que son cœur cesse de battre. Les lèvres de Joséphine se posent dans son cou. Elles la respirent plus qu’elles ne l’embrassent. Elles se retirent.
— Je voulais donc m’excuser pour mes mauvaises manières et, si tu n’es pas allergique au chat, de finir la soirée chez moi. Tu as le temps de décider. Je meurs de faim et de soif et le buffet avait l’air succulent.
Avant que Louisette ne réagisse, Joséphine est sortie du vestiaire. La porte claque. Louisette éprouve le besoin de s’asseoir. Ses yeux s’emplissent de larmes. Elle pleure. Elle se sent perdue. Elle sait exactement ce dont elle a envie ; une force contraire l’invite à se changer vite fait, à franchir l’issue de secours et à courir jusqu’à l’autre bout du monde. Elle entend la porte s’ouvrir. Elle ne lève pas le nez de ses larmes. Camille pose une main sur sa cuisse.
— Il faut que j’aille lui casser la gueule ?
Louisette renifle.
— Non, elle a été vice-championne d’Europe, deux fois.
Camille lui tend un mouchoir ; Louisette se mouche.
— Tu comprends, ça fait peur…
— Qu’est-ce qui fait peur ?
— Le désir. Et ce qui peut s’en ensuivre. On couche une fois et après ?
— Et si tu changeais de paradigme ? Tu couches une fois, puis peut-être une autre fois… et à chaque fois, tu considères que c’est la première et la dernière.
— Tu fais ça avec Eunice ?
— Oui.
— Même si vous vivez ensemble ?
— Même…
Louisette émet un sifflement d’admiration. Camille invite Louisette à filer sous la douche pour effacer ses larmes et à se dépêcher de rejoindre le buffet avant qu’il n’y ait plus rien. Elle se dirige vers la tablée qui fait mine d’ignorer l’enjeu du jour. Joséphine l’interroge du regard. Elle lui sourit.
— Elle prend sa douche.
Louisette sort enfin du vestiaire. Joséphine lui prend le bras.
— Viens, je t’ai fait une assiette avant que ces morfales ne dévorent tout. Camille m’a dit ce que tu aimes. Coca ou eau pétillante ?
— De l’eau, s’il te plaît. Je meurs de soif.
Joséphine lui tend un verre. Louisette le boit vite. Joséphine enchaîne.
— Je t’ai mis de la pizza, de la quiche aux poireaux et une tortilla aux légumes faite selon ta recette.
— Merci, c’est parfait. Je…
Louisette lève enfin les yeux sur Joséphine. Un sourire l’accueille.
— Merci.



Cy Jung, 12 juin 2019®.

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