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Extra (nom et adjectif)



Cy Jung — Extra (nom et adjectif)

Ma phase [*] : Prendre des extra nous coûte cher et l’on n’est pas complètement tranquilles.

À l’écriture de cette nouvelle, forcément, je me suis interrogée sur la marque du pluriel de « extra », nom commun, « Ce que l’on ajoute à nos habitudes courantes. » définition que donne Antidote tout en considérant le terme comme invariable. L’affaire était donc pliée… Pas tout à fait, puisque l’« orthographe rectifiée » invite à la marque du pluriel. Je n’aime pas cette orthographe-là et fais en sorte de ne pas l’utiliser, considérant qu’elle propose une simplification qui me semble appauvrir notre langue.
Antidote, au moins, signale la marque du pluriel comme relevant de l’orthographe rectifiée, ce que ne fait pas le Grand Robert qui affiche ce « s » sans préciser qu’il est récent et que l’invariabilité demeure dans 29 % des usages, si j’en crois Antidote. Ce n’est pas rien. Quant au féminin, le terme, à l’instar de « judoka », est considéré comme épicène quand il désigne une « Personne supplémentaire engagée provisoirement pour faire le service. »
Il en est de même pour l’adjectif qui peut ou non porter la marque du pluriel, sans marque du féminin.

Je me tourne vers le Grevisse pour en savoir plus. Son [§522 a], « Noms résultant d’une réduction » indique que l’usage va plutôt à la marque du pluriel avec des exemples qui me paraissent évidents : « autos », « dactylos », « pneus » ; j’en aurais presque oublié que « pneu » est une réduction de « pneumatique », considérant qu’il est un mot à part entière. À l’inverse, je n’aurais pas considéré « extra » comme directement issu de la réduction de « extraordinaire » ce que pourtant le Grand Robert confirme.
Quant à son pluriel, en tant que nom, Grevisse indique l’hésitation comme « fréquente », donnant des exemples avec et sans la marque du pluriel. Il précise au passage que ce sont surtout les réductions récentes qui resteraient invariables avec « psy » en exemple ; quid de l’orthographe rectifiée ? Qu’importe ! Les amateurs de débats lexicaux pourront se reporter à cet article du Grevisse qui traite en quinze lignes du cas de « water » ; j’en retiens que souvent les usages se croisent (l’accord des mots étrangers, la francisation et la réduction) et nous rappellent que nos règles ne sont qu’usages, variables par nature.
Pour l’adjectif, Grevisse en traite dans son [§559 b] et j’avoue ne rien y comprendre. J’en retiens à la lecture complémentaire du TLF que, si « extra » a le sens de « en plus », il est forcément invariable car considéré comme adverbe. C’est semble-t-il également le cas pour indiquer un surnombre. Pour le reste, c’est à chacun de choisir mais je préfère définitivement l’invariabilité.


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[*Phrase extraite de « [#62] Les deux hommes qui chantent le soleil d’été (V-01) », nouvelle en [e-criture], 2 juin 2018.


Information publiée le mardi 23 avril 2019.

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