[e-criture]

[#73] La dame malvoyante qui parle avec tout le monde (V-01)



Cy Jung — [#73] La dame malvoyante qui parle avec tout le monde (...)

[Le prétexte] Je rentre du judo. Il est tard.
Sur la 13, une dame aveugle en canne est assise sur un strapontin, une fillette d’une dizaine d’années sur les genoux. Elle discute avec une femme debout contre la porte. Au début, je les pense revenant ensemble d’une activité de loisir ; en fait, elles ne se connaissent pas.
La dame aveugle et sa fille descendent de la rame derrière moi. Je les retrouve sur le trottoir. La petite fille à sa mère sur un ton de reproche :
— Tu parles toujours avec tout le monde ! On ne peut même pas discuter toutes les deux.


Petit rappel liminaire

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À Monique K. Nous ne sommes pas si loin.

[La nouvelle]
Où aller ? Déjà, il faudrait arriver à sortir. La grande porte est verrouillée. Il n’y a pas de clés à proximité. Une autre porte mène dans la cuisine. Dans la poêle, il y a une tranche de jambon. Non, c’est du poulet. Louise ne vient-elle pas justement d’en manger ? Il n’y a pas de vaisselle dans l’évier. Le soleil est haut dans le ciel. Ce doit être l’heure. Quelle heure ? L’horloge indique 11 h 07. Le train ne va pas attendre. Les gens qui ont cet appartement vont arriver à midi, pour déjeuner. Il faut qu’elle soit partie. Elle ne veut pas déranger. Elle doit retourner chez elle. C’est dommage que le fauteuil soit si lourd ; elle l’aurait bien emporté, avec les photos sur le buffet. Elle n’a plus le temps. Elle se presse.
Elle glisse la main dans la poche de son gilet. Ses doigts y rencontrent les clés. Elle enfile son manteau, attrape la petite sacoche grège pendue au dossier de la chaise. Elle en examine le contenu. Cela ne lui dit rien. Elle la repose, la reprend et la passe sur son épaule. Elle mettra le trousseau dedans, ou alors dans la boîte aux lettres, qu’ils les trouvent. Elle ouvre la porte. Elle la claque derrière elle ; elle ne donne jamais un tour de clé quand elle descend quelques minutes chercher son pain. Elle achète toujours sa demi-baguette au Casino. La boulangerie du bas n’est pas sympathique. Elle critique son mari depuis qu’il a ajouté des tartes salées au menu de ses clients. Ses quiches à lui sont meilleures que ses quiches à elle. Elles se vendent mieux. Louise ne peut pas aller y chercher du pain sans devoir essuyer une polémique. Ce n’est pas agréable.
L’ascenseur l’emporte vers le rez-de-chaussée. Elle s’engage dans la rue à petits pas rapides. Un homme la salue. Elle répond poliment. Ce doit être un client. Si elle devait se souvenir de tous ceux qu’elle a servis au cours de sa vie ! Maintenant qu’elle est à la retraite, les années passent et sa mémoire décline ; on la salue toujours ; c’est normal, celui qui est derrière l’étal est plus connu que le chaland. Louise pourtant se rend bien compte que des choses lui échappent. Elle se concentre du mieux possible mais rien n’y fait. Son esprit dérape. Elle peine à le rattraper. Elle entre dans le supermarché. Ils ont encore changé le pain de place. Avant, c’était à droite, après les frigos. Là, il n’y a que des sandwichs. Une caissière s’approche d’elle.
— Votre pain est par là.
Louise la remercie. Elle la suit. La femme lui tend une demi-baguette. Elle la regarde.
— Elle est trop cuite ; j’aime le pain bien blanc.
Louise repose la baguette et fouille. La caissière sourit. Elle attend qu’elle choisisse. Cette dame est bien gentille. La caissière espère que quand elle aura son âge, il y aura quelqu’un pour l’aider à acheter son pain.
— Celle-là !
— Venez à ma caisse, je vous ferai passer.
— Comme c’est gentil !
Louise se dit qu’elle avait besoin d’autre chose. Elle n’a rien noté. Elle reviendra ; elle ne veut pas plus déranger cette dame. Elle sort de la petite sacoche qui pend à son flanc son porte-monnaie. Elle y trouve un billet de dix. Elle paie.
— Vous avez la carte du magasin ?
Cela ne lui dit rien. Elle fouille son porte-monnaie, s’excuse ; ce n’est pas le sien. La caissière n’insiste pas. Ce n’est pas pour le centime gagné qu’elle va perturber cette gentille cliente qui passera sans doute d’ici une heure acheter une autre demi-baguette. Elle lui répondra qu’il n’y en a plus. Au début, elle lui expliquait qu’elle était déjà venue. Au fil du temps, l’argument ne porte plus. Ses collègues lui disent de ne pas s’en mêler. Elle le fait quand même. Elle ne sait faire autrement et espère qu’elle n’est pas passée plus tôt ce matin. Elle vient juste de prendre son service. Louise la salue et sort.
— À demain !
Sur le trottoir, la vieille dame n’hésite pas. Elle file directement à l’appartement. Son mari l’y attend. Il aime bien déjeuner à heure fixe et il y a le poulet à faire cuire. Elle pose la demi-baguette devant la cafetière. Une autre demi-baguette est là. Louise est surprise. Ce doit être celle d’hier ; elle s’était cuisiné de la paella et elle ne mange pas de pain avec le riz. Pourtant le pain a l’air frais. Louise ne comprend pas. Elle se débarrasse de mon manteau. Dans la penderie, il y en a deux autres. Elle les sort, les détaille. À qui sont-ils ? L’inquiétude la gagne. Les gens qui habitent ici sont-ils déjà revenus ? Elle remet les manteaux en place et rejoint sa chambre, bien décidée à quitter cet endroit avant qu’il ne soit trop tard. Son train n’attendra pas.
Elle avait promis à sa sœur de ne pas partir sans lui dire au revoir. Elle ne peut pas. À cette heure, elle travaille. Quand Louise est revenue du supermarché, la boutique était fermée. Elle l’est tous les lundis. On est mardi. Ou mercredi. C’est le signe que quelque chose ne va pas. Il faut quitter cet appartement. Elle trouve un sac de voyage sur le sol sous l’armoire. Elle l’ouvre. Il est vide. De quoi va-t-elle avoir besoin ? De rien de spécial. Ici, ce ne sont pas ses affaires. Elle va retourner chez elle ; il y aura tout le nécessaire. Elle remet le sac en place. Elle ne doit pas oublier ses médicaments. Ça oui, c’est important. Et quoi d’autre ? Le téléphone sonne. Elle répond.
— Oui, Odette ; je suis là. J’étais sortie chercher mon pain.
— …
— Oh ! non, je ne bouge pas. J’ai mon pain.
— …
— J’ai du jambon. Une clémentine.
— …
— Ce n’est pas la peine. J’ai assez. Et tu sais que je ne suis pas chez moi. Je ne peux pas fouiller dans les placards. Je finirai avec une compote. À tout à l’heure !
Elle raccroche. A-t-elle pris ses médicaments ? Sa sœur n’en a pas parlé. Elle doit néanmoins vérifier. Elle cherche dans le buffet et sort un cachet de la tablette posée là. Elle l’avale avec un verre d’eau, allume la télévision et s’installe dans son fauteuil. Elle ferme quelques instants les yeux. Il est bientôt l’heure d’aller travailler, ouvrir la boutique et servir les clients jusqu’à ce soir. Sa retraite n’y suffit pas. Il faut qu’elle aide ses neveux ; la vie est devenue si chère. Si au moins elle était chez elle, cela ferait des économies. Surtout de train. C’est si cher le train et ces aller-retour qu’elle doit faire toute la semaine. Pourquoi elle est installée ici demeure une énigme.
Elle va partir. C’est mieux ainsi. Elle se lève. Dans la cuisine, elle met à réchauffer le poisson qui est déjà dans la poêle. Elle coupe un peu de pain. Dans le réfrigérateur, elle trouve du fromage. Elle en prend un morceau et le pose dans une assiette à côté du filet de poulet. Elle emporte le tout sur la table. Elle a oublié les couverts. Elle va, revient avec un verre d’eau, grignote le pain avec le fromage, laisse en plan la tranche de jambon. Elle la mangera ce soir. Elle croise du regard une compote dans un pot en plastique. Elle la tortore avec le dos de sa fourchette. Cela glisse tout seul. Elle reprend un morceau de pain. Tant qu’elle a son pain !
Elle range ce qui traîne, fait sa vaisselle, essuie, place assiettes et couverts dans le buffet. Elle revient s’asseoir dans son fauteuil. Elle jette un œil à la pendule. Le train est parti. Peut-être y en a-t-il un autre ? Elle doit aller aux toilettes, appeler sa sœur, écrire un mot. Elle bâille. Il est vraiment bien son fauteuil. Cela va être difficile de s’en passer. Il est trop lourd pour qu’elle l’emporte. Et il y a les photos, sur la commode. Il lui faut un grand sac et des journaux pour les emballer. Où va-t-elle trouver un journal ?
Louise prend le Télé 7 Jours posé sur la table basse. Elle voudrait regarder cette émission qui propose des recettes de cuisine. Elle n’a rien à apprendre en la matière mais c’est divertissant. Elle se lève pour chercher la télécommande qu’elle range à droite de la télévision. Elle appuie sur un bouton. Il ne se passe rien à l’écran. Elle appuie de nouveau ; cela ne fonctionne toujours pas. Elle repose la télécommande et prend le téléphone. Elle appelle sa sœur. C’est le répondeur.
— La télécommande ne marche pas.
Elle raccroche. Elle met des chaussures. Dans la penderie, elle remarque les trois manteaux. Lequel est le sien ? Elle ne peut pas porter un manteau qui ne lui appartient pas. Elle retourne vers le téléphone.
— Je suis chez ces gens que je ne connais pas. Je vais rentrer chez moi.
Elle repose le combiné. Elle ne croit pas avoir entendu la tonalité ; la ligne est-elle coupée ? C’est embêtant, elle doit appeler sa sœur avant de partir. Elle le lui a promis. Elle ne veut pas qu’elle s’inquiète. Elle fait tant pour elle. Quel jour est-on ? Louise regarde le programme télé. Il est ouvert à la page de mardi. Ce doit être mardi. Elle retire ses chaussures. Il n’y a jamais de train le mardi. Elle ira à la gare demain. Elle a envie d’un café. Elle va dans la cuisine. Il n’y a plus de café. Il est si tard que ça ? Ou si tôt. L’horloge indique 15 h 27. Elle fera un café à une autre moment. Elle se sert un verre d’eau, le pose sur l’évier et retourne près du téléphone.
Elle réfléchit. À cette heure-ci, sa sœur est encore au travail. Mieux vaut lui laisser un mot ; elle le trouvera quand elle viendra ce soir. Dans le tiroir de la commode, il y a un bloc. Un stylo est posé sur la table. Louise s’assoit. Elle va pour écrire. Sous la bille de son stylo, il n’y a pas de papier. Le bloc ! Elle doit d’abord prendre le bloc sur l’étagère, sous le téléphone. Il n’y est pas. À la place, il y a un petit carnet avec des numéros. Elle le feuillette. Elle ne connaît pas ce carnet. Elle le referme sitôt. Elle ne veut pas forcer la vie privée de ces gens qui habitent ici. Elle ne les a jamais vus. Elle doit être prête à les recevoir ce soir. Est-ce qu’ils aiment la paella ? Il doit en rester dans le congélateur.
Elle cherche le congélateur dans la cuisine. Non, ça c’est le placard. Elle avise une pile de plats cuisinés. Elle prend le premier. Saucisse-lentilles. C’est très bien. Elle place la barquette au micro-ondes, appuie trois fois sur le bouton. Le four sonne. Elle sort le plat et en verse le contenu dans une assiette. C’est très joli. Cela fera plaisir à ses invités. Elle porte l’assiette sur la table, prends des couverts et s’installe. Elle pousse avec un petit morceau de pain. Elle a mangé meilleure saucisse dans sa vie mais c’est bon quand même. Elle finit son assiette, fait la vaisselle, cherche un yaourt dans le réfrigérateur et le pose dans l’évier.
La poubelle est pleine. Elle ferme le sac. Elle la descendra quand elle ira prendre sa demi-baguette avant le déjeuner. Quelle heure est-il ? La pendule indique 17 h 11. Il ne va plus y avoir de pain au supermarché ! Louise ne comprend pas comment la journée est passée si vite. Elle court jusqu’à la penderie, enfile un manteau, s’apprête à sortir. La sonnette l’arrête. Ce doit être Odette. Louise s’inquiète sitôt de ne pas avoir acheté une tartelette à la boulangerie. Quand elle était petite, elle adorait les éclairs pour son goûter. Elle ouvre puis referme la porte et dépose l’enveloppe que vient de lui donner son gardien à côté du téléphone. Elle l’ouvrira plus tard ou alors demain.



Cy Jung, 2 mars 2019®.

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