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Judoka, karatéka & jujistuka



Cy Jung — LexCy(que) — Judoka, karatéka & jujistuka

Ma phrase [*] : Elle en a parlé à son professeur, un jujisuka de haut vol, et un des rares hommes du cours à le rester une fois sorti du tatami.

Je cherchais, pour cette nouvelle, le terme désignant un pratiquant de jujitsu, à l’instar du judo qui produit des « judokas » ou du karaté produisant des « karatékas ». Aucun de mes dictionnaires n’en faisait mention. J’en ai discuté avec Sarah qui m’a suggéré « jujitsuka » après avoir demandé à son professeur de karaté. Le Wikitionnaire confirme. La question est donc réglée, ce d’autant que la solution est logique même si le terme produit est étrange (sans doute par manque d’usage).
Mais cela amène à une autre question, elle plus courante : quid du féminin ?

J’ai en effet un souci avec « judoka » ; il est souvent féminisé « judokate », ce que je ne trouve guère nécessaire, la féminisation par l’article et l’adjectif (ou participe passé) m’allant bien. Le Grand Robert et Antidote semblent d’accord avec moi. Par contre, Wikitionnaire (toujours sujet à caution et souvent novateur), après avoir considéré le terme comme épicène, écrit : « La forme judokate est aussi utilisée pour le féminin. Cette féminisation du mot judoka ne suit pas la logique de l’étymologie japonaise du suffixe ka, lequel est invariable et neutre. »
Le Grevisse [§494] dans son article « Autres noms gardant la forme du masculin » confirme le caractère épicène de « judoka ». Il n’en donne pas la raison mais elle doit être à chercher du côté de l’étymologie japonaise du mot, comme l’indique Wikitionnaire. On la trouve dans le TLF sur « judo » (« méthode douce ») mais qui ne renseigne pas sur la forme « ka ». Une amie, actuellement en immersion au Japon, me donne confirmation.

« Ka signifie -iste, ou -er. Comme dans philatéliste, ou charpentier. Donc on pourrait le traduire par, qui pratique, ou spécialiste. Les kanji pour judoka sont : 柔道家 (souple, voie, qui pratique), et cela se prononce :じゅうどうか (en hiragana, juudooka).
« Le ka est neutre, il ne spécifie pas le genre de la personne. Les mots n’ont pas de genre en japonais. Il n’y a même pas de pluriel, c’est dire ! »

Je m’en vais donc demeurer une « jodoka », cela me va bien.

Note, sur la transposition des mots étrangers en français, vous trouverez un article ici.


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[*Phrase extraite de [#71] Le gars qui nous laisse tranquilles une semaine (V-01), nouvelle en [e-criture] du 3 janvier 2019.


Information publiée le dimanche 24 février 2019.

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