[e-criture]

[#65] La pluie qui va pleurer (V-01)



[Le prétexte] Une femme marche accompagnée de deux petites filles.
— Maman ! Maman ! Y a des gouttes !
— Oui, ma chérie, il va pleurer… euh ! Pleuvoir.
Elle rit.
— Prenons vite le métro.


Petit rappel liminaire

Un texte libre de lecture sur un site Internet n’est pas un texte « libre de droits ». Cela signifie que l’on a celui de le lire mais pas celui de le reproduire sans l’autorisation expresse de son auteur. Les conditions légales d’utilisation des contenus du site de Cy Jung sont ici.



[La nouvelle]
Irma tend une main ensommeillée vers son téléphone portable. Elle coupe la sonnerie. Elle soupire puis fait un petit pet qui annonce que la chair se réveille. Celui de ce matin ne fait pas de bruit, pas plus qu’il ne sent mauvais. C’est un souffle qui fait pschit et réchauffe à peine l’entre-deux-fesses. Irma se pelotonne sous la couette. Elle est courtement vêtue d’une nuisette en dentelle noire. Elle n’a pas froid. Elle trouve juste que son lit manque de chaleur faute d’un autre corps dans le mitan. De quand date le dernier ? Elle soupire. Les lesbiennes ne sont pas assez libertines ! Il faut leur servir de l’amour dès le premier soir si l’on veut se garantir un peu de concupiscence.
Elles n’ont donc pas compris que les mots doux, c’est le plus facile, la bonne cuisine et le vin qui coule à flots, itou ? Ce ne sont pourtant pas des gages de bonheur, parce que les attributs de l’amour ne peuvent pas remplacer les sentiments, pure immatérialité d’un désir qui ne dit pas son nom. Pure illusion. Irma sait cela, autant qu’elle peut affirmer qu’elle les aime toutes ces femmes qu’elle attire dans son lit pour quelques salacités bien ordonnées. Aucune violence. Que du consentement mutuel. Des corps nus qui s’apprivoisent et se donnent du plaisir avant de s’endormir, enlacés, repus et toujours prêts à de perpétuelles jouissances, après un café, ou un thé, et des croissants.
Cela n’est pas si compliqué.
Irma se cale dans les oreillers. Elle fait le tour des contacts qui naviguent dans son téléphone portable. Sa messagerie instantanée n’annonce rien de nouveau. Son compte sur l’appli tumeveuxmevoilà n’augure rien de meilleur. Comme à l’accoutumée, des mecs sont passés par là pour proposer qui un plan à trois avec leur femme, qui de la regarder se masturber, qui de lui apprendre le sexe avec deux ou trois copains, qui de l’aimer sans contrepartie… Les pauvres ! Irma en est fâchée, se demandant régulièrement si elle ne devrait pas fermer son compte tant les femmes rencontrées ici se révèlent des adeptes de cravaches et autres guêpières qui refusent que le petit déjeuner soit compris.
Irma ne rechigne pas à ces jeux, de temps en temps, mais elle souhaite que l’on y mette les formes, sans illusion, juste parce que tout est meilleur avec un peu de considération : commencer par un dîner qu’elle aurait préparé ; assortir d’un vin de qualité et d’une conversation alimentée par un mélange éprouvé de Marie-Claire, Télérama et Causette ; s’installer au lit avec une infusion ; s’embrasser ; se caresser ; jouir une première fois ; choisir des accessoires pour pimenter la plaisance ; jouir une seconde fois ; s’endormir enlacées ; s’éveiller en s’épargnant le pet du matin ; partager le petit déjeuner sans rien se promettre tout en sachant qu’au vu de la nuit passée, il serait bienvenu de recommencer.
Le pire, dans cette affaire, c’est que ces femmes la traite de romantique quand elle leur suggère simplement de rester dormir, arguant que son rituel est celui de l’amour bourgeois et que si c’est du sexe qu’elle veut, l’avant et l’après ne sont pas nécessaires. Cet écho inattendu à ces lesbiennes qui réclament que la bagatelle soit assortie d’un discours amoureux place Irma dans une position intenable. Mais pourquoi n’est-il pas possible de construire une relation érotique sans y mettre de la romance et s’épargner d’emblée ce qui brise le cœur, juste y saupoudrer ce qu’il faut de tendresse et de sororité pour rendre la chose plus plaisante qu’elle n’est ?
— Mais parce que « construire une relation », comme tu dis, est par nature un engagement qui te range illico dans la caste des ménagères de plus de cinquante ans qui sortent leur argenterie le dimanche, a ricané Josy alors qu’elles reluquaient les minois accoudés au bar d’une soirée branchée.
— Mais ce n’est pas ça ! Ce sont des échanges sexuels que je cherche, avec une certaine mise en forme. Du .doc ; quelque chose entre .rtf et le .ppt !
— Un plan mémère à visées libertines, en quelque sorte ?
La formule avait agacé Irma mais elle était assez juste. Pourquoi y repense-t-elle ce matin ? Parce qu’il n’est pas un de ces foutus matins où elle ne se réveille seule dans son lit en espérant un message qui lui donne envie de se lever pour que le soir et son lot de désirs assouvis arrivent dans les plus brefs délais. Mais pourquoi cette magie ne se produit-elle pas ? Parce que les applis SM sont fréquentées par des femmes qui ne souhaitent pas mettre d’affection dans leurs libertinages et que les applis de rencontres amoureuses proposent de l’amour-toujours sans désir préalable. Simplement de la tendresse coquine ; est-ce trop demander ? Il semble que oui si elle en croit ses dernières expériences. Irma est affligée. Elle ne veut ni sexe pur, ni passion dévorante, ni projet sclérosant de vie commune. Elle soupire. L’idée de ne pas vieillir seule lui plaît parfois. Mais avant d’en venir à cette conclusion-là, il faut bien construire quelque chose de solide qui accepte les escapades et les petits coups de folie passagers.
Mais pourquoi les lesbiennes sont-elles si exclusives ? L’est-elle, elle ? Exclusive ou lesbienne ? Sa remarque lui tire un pâle sourire. Il paraîtrait que sa bisexualité serait en cause dans sa réticence à l’exclusivité. Quel cliché ! Cela fait des années qu’elle n’a pas eu envie d’un homme dans son lit et, si elle rêve d’une relation stable avec quelques fredaines bien savourées, c’est juste parce que sa chair est gourmande et qu’il est rare qu’une fidèle compagne soit en mesure de satisfaire tous ses appétits. Quant à la réciproque… Des larmes embuent ses yeux ensommeillés. Mais pourquoi avoir reproché à Pénélope d’avoir flirté avec une ex lors de cette soirée de Nouvel An ? Il n’y avait rien de grave et elle avait elle-même abusé de sourires enjôleurs à l’encontre d’une gamine qui se cherchait une maman. Par jeu, bien sûr. Elle n’a jamais aimé les relations sexuelles filiales.
Quant à Pénélope… Ses larmes redoublent tant au chagrin se mêle la contrariété. Cela fait six mois déjà qu’elle l’a plantée là, sans presque d’explications ; entre sa méchante manière de la quitter et le temps écoulé, Irma ne devrait plus penser à cette histoire qui a sans doute eu la fin qu’elle méritait. Elle lance Angry bird sur son téléphone. Le jeu ne dissipe ni son angoisse ni ses ressentiments. Ah ! si seulement Pénélope ne l’avait pas virée également de ses amis Facebook, elle pourrait suivre un peu ce qu’elle fait. Elle est certaine que cela l’apaiserait. Mais non ! il a fallu que cette garce fasse sa bêcheuse et rompt tout contact, comme si ce qui se jouait entre elles nécessitait une déconnexion totale pour que l’absence soit acceptable.
C’était bien là la preuve qu’elles n’aspiraient pas à la même chose ! Irma n’avait évidemment pas été blessée de la voir bécoter cette Maé. D’une part, elle avait trop bu. De l’autre, un baiser ne menait à rien à cette nuance que cette fille était trop sentimentale pour ne pas avoir cherché à travers ce baiser à la récupérer. C’est quand Irma avait expliqué cela à Pénélope qu’elle était partie en vrille, l’accusant d’être jalouse et de n’accepter l’infidélité que pour elle-même. Bien sûr que non ! C’était juste que cette Maé n’était pas une fille d’un soir, mais une ex qui lui avait déjà brisé le cœur. A-t-on jamais vu quelqu’un rompre parce qu’on la met en garde contre un chagrin à venir ?
Eh bien, Irma l’avait constaté à ses dépens. Pénélope avait embarqué ses affaires le lendemain même et elle ne l’avait jamais revue. Elle lui avait envoyé des textos, l’avait appelée ; sans succès ; c’est comme si rien n’avait jamais existé entre elles. S’était-elle racoquinée avec cette Maé ? D’après les infos qu’elle avait pu récolter par la bande, même pas. Elle était partie simplement parce qu’une fois de plus elle n’avait pas accepté le conseil de Irma. Quelle tête de mule ! Tout avait toujours été ainsi entre elles. Pénélope ne supportait pas que Irma fasse valoir qu’elle savait exactement ce qui était bénéfique pour elle. Ne l’avait-elle pas tirée d’une sale affaire sentimentale en lui contant fleurette un soir dans un bar ? Et depuis, elle l’avait choyée, dorlotée, consolée, lui délivrant tous les conseils avisés qu’une bonne amie peut donner. Pourquoi ne les écoutait-elle pas ? Elle aurait eu beaucoup à y gagner.
Irma en était d’autant plus atteinte qu’elle n’avait jamais rien réclamé pour elle-même. Elle se focalisait sur le bien-être de Pénélope qui ne savait pas grand-chose de la vie, finalement, pour une femme qui avait passé quarante ans. Elle fumait du shit à gogo en négligeant les effets délétères sur son humeur et sa concentration. Irma n’avait pas arrêté de la mettre en garde, lui proposant des substituts bien moins dangereux comme le bon vin, par exemple, et le sexe, bien sûr. Pénélope préférait téter du chichon plutôt que du nichon, deux pauvres lettres de différence, allant jusqu’à ignorer combien son désir en était atteint. Irma lui avait suggéré aussi de rallonger ses jupes qu’elle portait ras-la-moule. C’était sans doute sexy pour certains mais, à son âge, on évitait d’exhiber ainsi ses cuisses dont l’intérieur montrait des signes évidents de fatigue. Sur ce point, la réponse de Pénélope avait été d’une grande violence.
— Je rêve ! avait-elle beuglé tel le putois qu’elle savait être. Mêle-toi de tes fesses dans tes jeans trop serrés qui boudinent ta cellulite séculaire. Cela te déplaît, peut-être, de me foutre la main au panier sans besoin de préliminaires ?
Irma n’avait pas insisté. Elle avait laissé passer l’orage en dénoyautant des cerises pour un clafoutis que Pénélope délaisserait tant elle se nourrissait peu. Ce n’était pas faute de lui préparer de la bonne chère ! Irma se surprit en train de se regarder dans l’écran de son téléphone qui faisait miroir. Depuis combien de temps était-elle là, dans son lit, à ressasser cette histoire, soupirant et reniflant à l’évocation de cette femme qui avait tout gâché à refuser d’entendre ce qu’elle disait ? Mais pourquoi s’attachait-elle toujours à des mijaurées qui prétendaient n’avoir besoin de personne alors, qu’à l’évidence, elles étaient incapables de mener correctement leur vie ? Irma n’a pas les réponses à ces questions qu’elle se pose tous les matins, ou presque, après que ses diverses messageries ne lui aient délivré que du néant.
Un second petit pet la ramène à la raison. Elle trouve parfois dans ses messages un ou deux émanant de vieilles copines plus ou moins solitaires qui ont, elles aussi, des nuits un peu longues. Est-ce une question d’âge ? Irma ne croit pas. Quand elle voit comment celles-ci vivent les choses, elle en est affligée : aucune n’a de véritable désir ; la plupart se contentent de relations purement affectives qui ne sont finalement que des systèmes d’entraide. Dormir seules correspond à cela, non ? Éviter le sexe à tout prix. Indirectement, leur forme de solitude assistée lui permet de constater qu’elle est unique à chercher des « plans mémères à visée libertine ». Décidément ! la formule fait tilt. Reste à trouver la femme qui irait avec ça et à oublier Pénélope qui pourtant, au lit, savait y faire ! C’est sa plus grande perte même si le prix était prohibitif.
Le pet se fait pressant. Irma rechigne à lâcher son téléphone et à quitter son lit. Elle n’a pas envie d’aller travailler. Elle voudrait demeurer là toute la journée, se prélasser, jouir aussi, pour se donner un peu de joie. Elle a tout ce qu’il faut à portée de main. Pourquoi ne pas en profiter ? L’heure tourne. Son ventre réclame d’autres attentions qu’une longue caresse du clitoris avec pénétration à suivre. Elle enfile un gilet par-dessus sa nuisette et court jusqu’aux toilettes, le téléphone toujours en main. C’est étrange, cette histoire de téléphone. Irma a la sensation que le bonheur va surgir d’une vibration un peu comme un diable sort de sa boîte juste parce que l’on en soulève le couvercle. Le téléphone reste muet. Irma l’emporte dans la salle de bains. Elle se regarde dans le miroir au-dessus du lavabo. Ses yeux portent la trace de ses larmes. Elle voudrait tant ne plus pleurer ! Mais comment y échapper si personne ne comprend ce à quoi elle aspire, qui elle est, n’accepte que sa bonté soit une forme d’amour qui va bien aux jeux sexuels respectables ? Son téléphone vibre enfin.
— Ma chérie ! On se voit toujours à déjeuner ?
— …
— Ah ! Très bien. On reporte alors. Tu me diras…
— …
— À très vite. Bonne journée.
Irma repose le téléphone. Elle ouvre le robinet et asperge son visage d’eau fraîche. Quel temps fait-il dehors ? Elle l’ignore.



Cy Jung, 2 juillet 2018®.

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