LexCy(que)

Alto, soprano (pluriel)



Cy Ung — LexCy(que) : Alto, soprano (pluriel)

Ma phrase [*] : Je n’aurai d’oreilles que pour les altos où maman, forcément, sera la plus altière !

Alors que j’envoie à maman cet événement que je crée sur ma page Facebook (ici) pour dire ma fierté de l’entendre chanter avec cet orchestre, elle me répond : « J’ai été arrêtée par des « altos », puisqu’un snobisme fait que l’on dit au pluriel « soprani », « alti », mais je suis allée voir sur le Net et je suis convaincue par ton orthographe. »
Merci maman.

Cela dit, qu’en est-il de ce « snobisme » eu égard à l’orthodoxie lexicale ? Cela me rappelle le long développement de Pascale sur la prononciation de « œnologue » () qui m’avait fait conclure que certains aiment bien dire qu’ils parlent mieux le français que d’autres, surtout des hommes d’ailleurs qui ont reconnu là un bel attribut de pouvoir ! Ah ! ces dîners où l’un d’eux se réjouit de poser des colles tel Bernard Pivot qui jubile à l’idée des pièges que comporte sa fameuse dictée.
Je ne fréquente plus ce genre de dîners et ne me mêle plus des conversations sur le « bon français » tant l’orthodoxie annoncée est souvent discutable, voire synonyme de réaction et de prise de pouvoir.

Le pluriel de certains noms pose ainsi souvent débat, « minimum - minima » par exemple ou, pour nos altos et nos « soprani » dont le pluriel en « i » est lui avéré par Antidote (sans être recommandé) des « bravi » . Je prends ce dernier exemple car même si je suis souvent adepte de ne pas rectifier l’orthographe, j’ignorais l’existence même de « bravi » quand ce terme signifier « tueur à gage » et non « applaudissement » qui lui a pour pluriel « bravos ». Je prends ce dernier exemple car j’ignorais l’existence même de « bravo, bravi » dans ce sens.
Antidote indique comme principe : « De nombreux mots empruntés ont un pluriel qui respecte les règles de la langue d’origine, mais pas celles du français. Les rectifications de l’orthographe recommandent d’appliquer à ces mots les règles du nombre du français, facilitant ainsi leur intégration parmi les autres mots français. » Je vous renvoie à mon article sur l’usage des mots étrangers () et reviens à mes altos qui ne sont pas cités comme posant question par Antidote.
Le TLF indique une origine italienne, « altus » (« haut ») puis « alto ». Point d’ « alti » à l’horizon même si le « i » forme effectivement le pluriel en italien (ce qui interroge parfois le français « spaghetti » avec ou sans « s »). Grevisse n’en dit rien non plus. « Alti » serait-il définitivement absent des dictionnaires ? Mais pourquoi est-il en usage dans la chorale de maman ?

En fouillant un peu, j’ai trouvé cet article qui pose la question (lala) et avère le « alti » dans les chorales, indiquant que « l’habitude » est sans doute la cause de ce pluriel impropre. Il conclut « Gardons nos habitudes. Elles ne font pas de mal lorsqu’elles sont utilisées sans querelles de clocher et sans condescendance. » J’aime bien cette conclusion qui me permet de garder mon « altos » et à maman de garder son « alti », en toute connaissance de cause pour nous deux. Nickel !


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[*Phrase extraite de « Le Requiem de Fauré », événement de la page Facebook de Cy Jung, 2 avril 2016.


Information publiée le vendredi 18 novembre 2016.

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