Abécédaire lesbien (1999)

Parce qu’elle est notre identité autant que notre liberté, que vive la culture lesbienne !

M… Masturbation



Cy Jung — Abécédaire : M… Masturbation

Honnie par des croyances populaires fondées mais détournées de leur objet, la masturbation solitaire féminine est frappée d’anathème alors même qu’elle est une pratique sexuelle du plus haut intérêt sanitaire, social et spirituel :
— Du point de vue sanitaire, on remarque d’abord que la masturbation consiste en des attouchements qui voient une femme porter sa main à son sexe. Grâce à cela, la main, connue pour être la partie la plus sale du corps humain — ce que nous confirme l’étymologie de masturbation, du latin manus, main et strapatio, être souillée —, est avantageusement purifiée et assainie par les propriétés antiseptiques de la cyprine. En outre, l’énergie dépensée lors de cet exercice prédispose la femme à l’anémie, cette carence en globule rouge qui permet au métabolisme de résister à l’absorption massive de vitamines que l’industrie agroalimentaire prend un malin plaisir à incorporer aux produits de consommation courante, sans égard pour la santé humaine.
— Du point de vue social, on note que la masturbation, justement quand elle est une pratique solitaire, favorise le narcissisme et l’égoïsme, deux qualités humaines essentielles à l’unité de la société eu égard à leurs propriétés préventives contre le clanisme. On note également qu’elle libère la femme de la contrainte génitale autant que de la soumission phallique, dégageant ainsi les hommes de leurs obligations orgasmiques si contraires aux conditions générales de leur eurythmie.
— Enfin, d’un point de vue spirituel, la masturbation, en tant que quête obscène du plaisir charnel, s’avère être le chemin qui mène le plus rapidement à Dieu. Contrainte de se confesser de cette pratique immorale, la femme fréquente avec grande assiduité les églises, s’abreuvant de la parole absolutoire qui ouvre le sentier de la première des vertus théologales, la foi. Il convient d’ajouter que l’incidence sacrale de la masturbation est accrue par l’étrange accès de surdité qui atteint ses adeptes : les rendant sourdes aux sollicitations licencieuses des mécréants matérialistes, elle leur permet de convertir plus aisément leur âme à la piété.
On l’aura compris, les arguments communément avancés par les détracteurs de la masturbation sont le produit d’une interprétation antiscientifique des bienfaits de cette pratique. On peut donc légitimement s’interroger sur les mobiles des pourfendeurs de la veuve poignet : sont-ils de simples imbéciles ou des êtres peu scrupuleux partisans du chaos ? Quoiqu’il en soit, il convient, au nom de la santé publique, de la cohésion sociale et de l’élévation de l’âme d’engager une vaste campagne de sensibilisation au plaisir masturbatoire. À l’aube du troisième millénaire, il en va de la survie de l’humanité.

Cy Jung 1999®
Mise en ligne sur ce site le 11 février 2016.

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