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Cy Jung, écrivaine — Communiqués

Parce que le racisme est institutionnel, c’est le monde qu’il faut changer !



Cy Jung — Parce que le racisme est institutionnel, c'est le monde qu'il faut (...)

Paris, le 30 janvier 2016.

La polémique fait rage au pays du Mouvement des droits civiques. Comme en 2015, aucun réalisateur ni comédien noir (catégories meilleure actrice / acteur) n’est nommé aux Oscars. Les appels au boycott se multiplient notamment ceux de Jada Pinkett et Spike Lee, le second ainsi commenté par Charlotte Rampling : « C’est du racisme anti-blanc. (…) Peut-être que les acteurs noirs ne méritaient pas d’être dans la dernière ligne droite. »
Mais qu’est-ce qui lui a pris ? Ne sait-elle pas, femme blanche, que c’est le type même d’argument que l’on oppose aux femmes pour les exclure de pans entiers de la vie sociale ? Elle le sait, forcément, et ses petites excuses ne retirent rien à son propos symptomatique d’un racisme institutionnel qui sait faire élire un président noir pour mieux discriminer et maintenir sous le joug de la gent épicière blanche les afrodescendants des pays qui ont bâti leur puissance économique et culturelle peu ou prou sur la colonisation et l’esclavage.
Il ne faut pas croire, en effet, que le racisme n’est constitué que des actes individuels de « méchantes personnes », actes par tous condamnés sur fond de sentiments humanistes et d’abus de droit de liberté d’expression pénalement reconnus. Ces violences racistes sont le pur produit de cet ordre qui nous gouverne et qui a besoin d’entretenir les tensions sociales pour asseoir son pouvoir et garantir richesse et puissance au toujours plus petit nombre.
À ce titre, Charlotte Rampling ne fait qu’accomplir sa part « de star » de la diffusion de l’idéologie dominante directement issue de la colonisation et de l’esclavage, idéologie totalitaire selon laquelle des populations seraient, des seuls faits de la couleur de leur peau ou de leur origine, inférieures aux autres, ce qui autoriserait à les surexploiter sans que l’argument de la discrimination ne puisse être opposé.
Le racisme, des deux côtés de l’Atlantique, est un racisme institutionnel. Les États, au service du libéralisme, usurpent les richesses naturelles et humaines des pays du Sud, mènent des politiques migratoires indignes des personnes sur fond de guerres d’influence, entretiennent la concurrence sociale sauvage, érigent les discriminations en moyen de gouvernement. Plus personne ne peut aujourd’hui nier ce dernier point sauf à considérer l’OCDE sur la question des inégalités et l’Ined sur celle des processus de discriminations comme des repaires de dangereux anarchistes en guerre contre l’ordre établi.
Face à cette situation délétère pour la justice sociale et le bonheur individuel, Cy Jung affirme qu’il n’est plus temps de seulement défiler pour défendre l’honneur des potes. Il est temps que chacun prenne conscience de la force idéologique du souvenir colonial et de l’esclavage qui étaye le racisme d’État. Il est temps de mettre en cause notre rapport personnel aux bénéfices communs tirés du racisme, de nous engager dans la résistance à l’oppression des personnes racisées, de renoncer à la violence et au populisme comme modes de défense face à tout ce qui serait étranger à nous-mêmes, d’agir là où nous sommes pour changer le monde vers la révolution écologique non violente.

Cy Jung, 30 janvier 2016®.

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