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[La Cocotte enchantée] 31e dimanche du temps ordinaire, tous les saints



[La Cocotte enchantée] 31e dimanche du temps ordinaire, tous les saints En ce dimanche de Toussaint, que font les Parisiens ? Ils vont au cimetière, bien sûr, porter leurs chrysanthèmes, impies qu’ils sont à confondre la fête de tous les saints avec la fête des Morts, le lendemain. Ils seront d’ailleurs si nombreux (deux cent dix mille, dit-on) que la Ville est mobilisée. « Les agents de surveillance, présents aux entrées et dans les sites, renseignent, guident, accompagnent, aident et rassurent. » « Et rassurent »… Ils font bien car on lit l’Apocalypse de saint Jean dans les églises ce matin.

« (…) et voici une foule immense,
« que nul ne pouvait dénombrer,
« une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.
« Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,
« vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. » (Ap 7, 2-4.9-14)

Il y a de quoi avoir peur, en effet, ce d’autant que nos cimetières ne sont pas équipés pour la natation. Il va donc falloir que ces agents expliquent à toutes ces personnes qu’elles doivent laisser leur attirail de plongée sous-marine à l’entrée et se contenter de quelques fleurs pour honorer leurs morts. On les plaint. Peut-être ne faut-il pas ? On raconte aussi que cette foule serait vêtue de robe blanche. Des mariées ? Avec des palmes ? Les Saints ont décidément de la ressource pour égayer cette journée avant que chacun ne s’effondre dans le chagrin, le lendemain.
Mais pourquoi voudrait-on que la mort fût si triste ? Mettons nos robes blanches ! Offrons nos palmes aux agents de surveillance de la Ville (si vous n’avez pas de palmes, une paire d’écumoires peut faire l’affaire) !

« Réjouiss[ons]-[nous], soy[ons] dans l’allégresse,
« car [notre] récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

C’est la Toussaint tout de même. On rigole et on fait la nique à la mort pendant que la Cocotte, elle, (fait la) nique (à) Rosalie après une semaine trop loin d’elle (physiquement s’entend) à remuer l’infusion dans la Tisanière, seule face à sa Bouilloire, le cœur sur le Barbecue et des retrouvailles (enfin !) sous le feu vif du Wok. Que d’émotions, en somme, des émotions qui mènent au bonheur, les autres, on les laisse au fond de la tombe avec l’œil, celui qui regarde Caïn.
N’est-ce pas un coup à les voir revenir dans un méchant effet de boomerang ? Nous ne craignons rien, car même si Dieu faisait défaut, les agents de surveillance de la Ville veillent. On peut niquer la mort tranquille. Ce sont les meilleurs.
N’est-il point ?
À plus !

Information publiée le dimanche 1er novembre 2015.

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