Blog — La Cocotte enchantée

[La Cocotte enchantée] 25e dimanche du temps ordinaire



Cy Jung — [La Cocotte enchantée] 25e dimanche du temps ordinaireÀ la lecture de la Lettre de Saint Jacques, il n’est plus question de se demander si Dieu existe ou non. On s’en moque car les Écritures nous parlent de bien autre chose. Elles nous parlent de nous, des racines de notre violence, celle qui porte à la guerre, aux exactions, aux atteintes programmées à la dignité de nos semblables. Lisons.

« D’où viennent les guerres,
« d’où viennent les conflits entre vous ?
« N’est-ce pas justement de tous ces désirs
« qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
« Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien,
« alors vous tuez ;
« vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins,
« alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
« Vous n’obtenez rien
« parce que vous ne demandez pas ;
« vous demandez, mais vous ne recevez rien ;
« en effet, vos demandes sont mauvaises,
« puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. » (Jc 3, 16 – 4, 3)

Oh ! On entend déjà le reproche. Faudrait-il renoncer aux « désirs », aux « plaisirs » pour que cesse la guerre, et même retirer à la Cocotte enchantée sa Sauteuse qui n’en recèle pas moins ni plus ? Ras le bal de ces injonctions bibliques qui nous enjoignent l’ascétisme. On veut « du cuir, pas du peep-show, du vécu. (…) des gros seins, des gros culs. (…) du cuir, Sade et Shade et Suzy Q. » (AS – re. 5-8)
Qu’Alain Souchon se rassure, on a cela aussi dans les lectures du jour.

«  Soumettons-le à des outrages et à des tourments ;
« nous saurons ce que vaut sa douceur, (…) » (Sg 2, 12.17-20)

Sade n’aurait pas dit mieux et ce n’est pas notre Cocotte qui pleure Rosalie dans les jupes du Couvercle qui dira le contraire : Dieu ne nous prive pas de désir et de plaisir ; il nous commande de renoncer aux désirs (pluriel) qui portent à la jalousie et à la convoitise ; et aux plaisirs (toujours pluriel) qui ne seraient que la dépense vaine de ce l’on ne sait recevoir. Une vie à crédit, en somme, un crédit d’amour que l’on épuise sans même s’en nourrir, de l’amour que l’on flambe. Rien ne va plus ! Impair et manque ; tel est le lot de ces pluriels dont on ignore le singulier pendant que la Cocotte, elle, fidèle à sa Bassine à confiture troque volontiers ses certitudes contre son Chaudron où mijote un tapioca qui sent bon les valeurs d’antan et viennent éclairer la Marmite d’une joie sans pareil.
La joie… Oui, encore un singulier qui vaut tous les pluriels. Restons dans la grammaire. À Dieu de s’accorder, pour une foi. Dimanche prochain, qui sait, on conjugue ?
À plus !

Information publiée le dimanche 20 septembre 2015.

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