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[La Cocotte enchantée] 19e dimanche du temps ordinaire



Cy Jung — [La Cocotte enchantée] 19e dimanche du temps ordinaireCela sent bon les vacances chez notre Cocotte enchantée ! Et dans les Évangiles ?
La première lecture nous propose une randonnée : « Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu » (1 R 19, 4-8). Mais qu’est-ce qui « fortifie » ainsi Élie ? Si on lit l’histoire, on se rend compte qu’il s’agirait d’une simple « galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau », le tout apporté par un ange. Cela peut-il véritablement ragaillardir ce pauvre Élie à deux doigts de mourir d’épuisement dans le désert ? Il dormit encore, mangea une seconde fois puis partit marcher quarante jours. Il y avait donc bien un petit quelque chose de pas net dans cette galette apportée par « l’ange de Dieu ».
— Un peu de foi peut-être ?
Mais cela ne nourrit pas, la foi…
— Cela soulève bien des montagnes !
Oui, Caddie, tu as raison. Pourquoi ne pas considérer alors que cela permet aussi de les gravir sans les soulever au préalable, bien sûr, sinon c’est encore plus haut ? Mais comment l’obtenir, cette foi ? On parie notre fortune personnelle que cela ne s’achète pas. Lisons le psaume à suivre :

« L’ange du Seigneur campe alentour
« pour libérer ceux qui le craignent.
« Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! » [Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9]

Pour avoir la foi, il faut donc grignoter quelque chose du Seigneur ? Il semble que Dieu lui-même confirme.

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
« dit le Seigneur ;
« si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » (Jn 6, 41-51)

Si vous voyez donc un pain courir, ou même simplement marcher, s’agiter, vous faire un signe, mangez-le ! Vous aurez alors la foi. Reste à savoir qu’en faire surtout si l’on n’a aucune montagne à gravir ni à soulever.
— La joie !
Ah oui ! Caddie. Merci. La joie. On mange du pain dont le cœur bat et l’on ressent la joie. C’est magique !
— Dieu n’est pas magie, il est foi.
On tourne en rond Caddie, et à part comprendre pourquoi notre Cocotte enchantée est si attachée à la nourriture, cette histoire de manger Dieu n’est pas si claire. Il est difficile de comprendre, en effet, comment faire sauter l’histoire à la Crêpière pourrait rendre vivant le pain ou comment envoyer des mails dans la Marmite sauverait la planète. Mais notre Cocotte, justement, ne doute de rien, ni de l’avant-gardisme musical de son Barbecue ni de l’amour qui règne dans la Tisanière. Que voulez-vous, elle a la foi, elle, la pure, la vraie, celle qui s’impose comme une Broche ardente dans le trou du cul d’Édouard II.
— Le trou du cul d’Édouard II ? Mais qu’est-ce qu’il vient faire là ?
Tu sais bien, Caddie, Marlowe.
— Et alors, Marlowe ? Tu peux me dire le rapport avec Dieu, le pain vivant et la foi ?
Non.
— Allez ! Pars en vacances, tu en as besoin.
Toi même !
À plus !

Information publiée le dimanche 9 août 2015.

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