Blog — La Cocotte enchantée

[La Cocotte enchantée] 12e dimanche du temps ordinaire



Cy Jung — La Cocotte enchantée] 12e dimanche du temps ordinaire Lecture du livre de Job.

« Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
« “Qui donc a retenu la mer avec des portes,
« quand elle jaillit du sein primordial ;
« quand je lui mis pour vêtement la nuée,
« en guise de langes le nuage sombre
« quand je lui imposai ma limite,
« et que je disposai verrou et portes ?
« Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici !
« tu n’iras pas plus loin,
« ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” » (Jb 38, 1.8-11)

Ainsi Dieu saurait contrôler l’orgueil de la mer — ce dont les Hollandais ne peuvent que douter, à moins que Dieu n’ait créé les Pays-Bas pour permettre à l’humanité d’inventer les polders. Ainsi Rosalie saurait contenir dans le (le !) Moule de la Cocotte enchantée l’orgueil de son amie albinos. Ainsi… Mais ni Dieu ni Rosalie ne semblent en mesure de contenir la marée terroriste tant celles et ceux qui soufflent le vent mauvais se croient les maîtres du monde et en droit de le noyer sous un flot de sang.
De la part de Rosalie, cela se comprend. Mais de la part de Dieu ? N’est-il point Charlie quand on assassine des noirs dans une église américaine ? Et nous, donc ? Que faisons-nous quand Dieu est impuissant, c’est-à-dire la plupart de tout le temps. Oui, Dieu ne peut rien à la violence. Dieu ne peut rien que nous ne voudrions pas. Dieu est amour, on s’en souvient, l’amour qui est en chacun de nous. Allons-nous enfin relever le gant ?
La Cocotte enchantée, elle, s’y emploie autant que foi le peut, qu’il s’agisse de soulever le Couvercle des croyances criminogènes ou de protéger les enfants dans son Autocuiseur (Incroyable !), brandissant la Crêpière à la face du racisme criminel avant de cuire une madeleine dans la Bassine à confiture, petit havre de paix dans ce monde où l’on stimule l’appétit des plus jeunes sans se soucier de ce qu’ils dévoreront plus tard. Serait-il là péché originel, dans la manière dont nous présentons le monde à nos enfants ? Serait-il trop tard alors pour chacun de nous ? Trop tard ? Nouvel accès d’orgueil.
Ô ! Dieu. Ô ! l’amour. Mon cœur est à toi, mes fesses sont ailleurs. N’ai-je pas en moi la force d’arrêter les flots meurtriers ? Une vague encore… Une déferlante ? Non ! On doit pouvoir arrêter ça, à commencer par soi. On y croit.
À plus !

Information publiée le dimanche 21 juin 2015.

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