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[La Cocotte enchantée] Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur



Cy Jung — [La Cocotte enchantée] Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur La souffrance. On nous serine la Passion du Christ pour nous dire que la nôtre doit être identique à la sienne si l’on veut espérer, comme lui, être digne de Dieu, comme si l’humanité était ontologiquement souffrance.

« Reconnu homme à son aspect,
« il s’est abaissé,
« devenant obéissant jusqu’à la mort,
« et la mort de la croix. » (Ph 2, 6-11)

Ça suffit ! Remballe ton linceul, Jésus, et brûlons les rameaux bénits par tes prêtres. Il nous reste une semaine avant Pâques, une toute petite semaine pour provoquer notre propre résurrection, renoncer à considérer notre souffrance comme inéluctable. Car Dieu, on l’aura remarqué, en est incapable au-delà de ce sacrifice népotique (sic) que l’on devrait prendre en exemple. Il ne nous sauvera pas. Dieu, ontologiquement, est impuissant.
L’humanité, par contre, elle est agissante. Serait-il un jaloux ? Il se peut. À moins, bien sûr, que son Église cherche avant tout à nous mener par le bout de la foi. La Cocotte enchantée prétend qu’elle nous sauve, la foi, de la souffrance justement, de la folie, la nôtre et celle avec laquelle d’autres veulent nous emporter. Elle a au moins raison sur un point, les braises du Barbecue grillent la confiance et c’est cela avec quoi il nous faut renouer. Mais pas n’importe comment.
Profitons de l’opportunité pour ne pas céder à la peur. Jetons à notre tour l’anathème sur ces analyses spécieuses qui nous portent à courber l’échine face à la violence, à en souffrir d’emblée. La compassion n’y oblige pas. Le regard que nous portons sur la vie doit nous appartenir. Ô ! bien sûr, on ne changera rien aux événements. On n’échappera pas à la mort ni à la folie. On n’échappera pas à la perte, et à tous les deuils que chaque jour annonce. La vie n’est pas éternelle. Notre force justement est là. Jouir, maintenant. Jouir ! Et refuser au moins cette souffrance que d’aucuns nous imposent comme si elle était le seul lien social possible, comme si l’amour en avait besoin.
Non. L’amour n’a besoin que de partage, de reconnaissance, toute chose que la Cocotte enchantée façonne dans un Moule qui cherche à bannir la souffrance. Elle n’en est pourtant pas exempte, surtout quand Mike Brandt s’échappe du Chaudron ou que la Cafetière attise les relents de la Marmite. Sacrée Cocotte ! Il ne faudrait pas l’abandonner à un triste sort. Elle serait foutue de noyer ses paroissiens dans le vin de messe l’hostie en travers du gosier.
Que l’on se rassure, Jo et les siens veillent. Ne sont-ils justement pas la clé de notre bonheur ? Si tel est le cas, laissons-la, de grâce, loin du trousseau.
À plus !

Information publiée le dimanche 29 mars 2015.

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