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[La Cocotte enchantée] 4e dimanche de l’Avent



Cy Jung — [La Cocotte enchantée] 4e dimanche de l’Avent

Et si l’on sortait un peu des Écritures ? On pourrait entrer dans les Écrits ; ils doivent bien comporter un passage sur Noël mais nous sommes un peu en retard dans nos lectures pour avoir tout lu à temps. Heureusement, le structuralisme nous offre sous la plume de l’un de ses autres (grands) pères un très joli texte qui analyse un fait (pas si divers) dont la Cocotte enchantée, très attachée à la foi, on le sait, pourrait se prévaloir.

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie. »

Incroyable ! Et à Dijon en plus, ville natale de notre Cocotte ! Elle n’est pour rien dans cette exécution, bien sûr, à moins qu’elle n’ait agi dans une vie antérieure. Quoi qu’il en soit, ce texte de Claude Levi-Strauss (ici) que nous a fait partager une amie de la Cocotte (merci !) nous éclaire à soixante ans d’écart sur la manière dont les mythes se créent par-delà le sacrifice ; on peut même ôter le « delà » pour le laisser à Jésus qui n’a pas tant perdu la partie. On pourra regretter que l’analyse en question ne se fasse pas également l’écho des dégâts sur les personnes de ce foutu mythe qui soude un ordre social dont le sens nous échappe tant !
Il aurait fallu la plume de Jacques Lacan, sans doute, pour mener cette analyse-là ; mais restons-en à Jésus, Cocotte oblige. Si l’on en croit ses écritures, c’est sa culotte qu’elle brûle sur les grilles de son église tant le Moule est à l’honneur de sa cuisine. Et quand ce n’est pas cela, c’est dans la Bouilloire que se développent les vapeurs de l’alcôve avant de revenir dans le Wock. Heureusement qu’un peu de décence veille dans le Diable ; quoi que, est-ce décent de faire craquer sa robe ?
Tant de luxure dans la dernière semaine de l’Avent ? Est-ce Dieu possible ? Dieu ? Il n’avait qu’à ne pas prêter sa barbe au Père Noël. Il serait toujours vivant dans nos cœurs !
À plus !

Information publiée le dimanche 21 décembre 2014.

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