Blogue — La Cocotte enchantée

[La Cocotte enchantée] 22e dimanche du temps ordinaire



Et si la Cocotte enchantée était Jérémie, et Rosalie Dieu : « Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ; tu m’as fait subir ta puissance, et tu l’as emporté. » [Jr 20, 7-9] Il y a erreur de casting, d’abord parce que le Seigneur n’a pas de ménechme (ceci pour le supplément de vocabulaire du jour) hormis quelques illuminés plus ou moins dangereux et toujours très mauvais dans le rôle, ensuite parce que la Cocotte est Cocotte et, à ce titre, toujours en proie au doute amoureux.
C’est étrange d’ailleurs cette capacité qu’elle a à ne pas douter de sa foi alors que son désir lui est une véritable énigme. Peut-être aurait-elle dû être nonne, finalement ? On sent combien il lui serait doux de poursuivre avec Jérémie « (…) il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m’épuisais à le maîtriser, sans y réussir. » Jérémie, cela ne rime-t-il pas avec Rosalie ? Cela risque de ne pas suffire et la raillerie dont se plaint ce pauvre garçon (« À longueur de journée je suis en butte à la raillerie, tout le monde se moque de moi. ») peut être un argument supplémentaire à ce qu’elle ne succombe pas.
Mais qui se moquerait d’elle ? Qui oserait lui faire vivre pareille souffrance si elle brûlait des feux de la passion ? L’amour est chose si délectable ! Et pas même Dieu ne pourrait lui reprocher de s’en consumer tant il sait que notre Cocotte lui est acquise en le si tréfonds que même la langue habile de Rosalie ne saurait atteindre l’endroit. La langue habile de Rosalie ? Mais qu’en sait-on ? Gégé est-il au courant ? Ô, mage de l’histoire, que se passe-t-il encore ?
Rien. Il ne se passe désespérément rien et cette langue dont il est question se trouve dans la Bouilloire, pour faire un thé et deviser d’art moderne, celui qui déballe sans forcément être érotique, dirait l’amie albinos de notre Cocotte enchantée. Mais ce n’est pas la question. On y revient, Jérémie, Dieu, la foi, la passion, le désir… le feu ! Il s’est éteint sous la Gamelle avant de se rallumer doucement sous la Sauteuse, sans gage de cuisson à bonne température tant ce qui brûle dans le Chaudron (la France, pas moins que la France !) la préoccupe toujours beaucoup.
Que faire ? Trouver le bon Moule ? Nos principes nous interdisent de faire des courses le dimanche. Reste plus qu’à retrouver Jérémie à la messe… Misère !
À plus !

Information publiée le dimanche 31 août 2014.

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