LexCy(que)

Un groupe de



Cy Jung — LexCy(que) : Un groupe de… (nom collectif)

Ma phrase [*] : Je zigzague au milieu d’un groupe de touristes qui rejoint le métro à pied.

L’accord des sujets collectifs n’est jamais d’un maniement aisé et je préfère vérifier celui de « rejoindre », ce d’autant qu’Antidote semble préférer le pluriel.

Antidote définit ainsi le principe général : « (…), on peut accorder le verbe en nombre soit avec le nom collectif, soit avec son complément, selon le sens voulu (insistance sur la globalité ou sur les individus). » Je dois donc poser la question : qui rejoint le métro ? Le groupe ou les touristes ? Les touristes, bien sûr, mais ceux-ci sont bien en groupe et c’est bien cet élément qui oblige « je » à zigzaguer. Il me semble donc que l’accord au singulier est préférable.
Mais Antidote précise que sur certains noms collectifs, le pluriel est plus volontiers admis… que pour d’autres, c’est le singulier. Il indique également que le pronom du nom collectif influe sur ce singulier ou ce pluriel : ainsi « un » ou « une » donnera plus volontiers un accord au pluriel quand « le », « la » ou « cette » engendre plus fréquemment le singulier. Mon groupe est « un »… l’accord penche vers le pluriel. Mais y a-t-il un usage particulier avec ce nom collectif là ?

Dans Antidote toujours, une citation de Joris-Karl Huysmans propose un accord au singulier : « C’est au petit groupe des impressionnistes que revient (…) » Le Petit Robert s’abstient de donner des exemples qui permettraient d’aller dans un sens ou dans l’autre. Le Grevisse en ligne [§431], enfin, semble proposer un accord au singulier via un exemple, mais il précise [R6] que lorsque le sujet est « qui » (comme dans ma phrase), « l’accord avec le complément au pluriel peut être automatique »… « Peut » ? Il m’arrangerait qu’il puisse plutôt qu’il doive…

J’en conclus que c’est à l’auteur de trancher : il est l’initiateur du sens qu’il veut donner à sa phrase (initiateur car il n’est pas dit qu’il arrive toujours à ses fins). Pour me convaincre de mon droit à décision, la [R12] du même article du Grevisse propose une citation d’Alphonse Daudet où cet auteur considère le collectif et son complément de manière différente d’un verbe à l’autre dans la même phrase : « Un long triangle de canards vole très bas, comme s’ils voulaient prendre terre. (A. Daudet, Lettres de mon moulin) »
Verdict : je garde mon accord de rejoindre au singulier… à moins que Pascale n’ait quelque chose à redire.


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[*Phrase extraite de Je ne saurai jamais si elle était jolie, manuscrit (version 2), automne 2009.


Information publiée le samedi 10 janvier 2009.

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