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Demi-heure et demie



Cy Jung — [LesCy(que)] : Demi-heure et demie

Ma phrase [*] : Et maintenant, je déroule une demie-heure les lendemains de cours pour récupérer, avec une dizaine de minutes d’étirements et assouplissements à suivre, qu’il pleuve, vente ou que la touffeur de l’orage à venir soit étouffante.

Développement initial : 22 juillet 2013.
Addenda : 1er septembre 2013. Demi jeune fille et demi épouse.

Isabelle, à la relecture de ce billet, m’écrit : « Il me semble qu’il y a une coquille : j’avais appris qu’on écrit demi-heure ou demie heure, pas demie-heure. » Je n’ai bien sûr aucune idée de la réponse à apporter à cette question ce d’autant qu’Antidote ne m’avait pas signalé l’erreur. Je reviens sur Antidote qui, dans sa partie dictionnaire, ne connaît que « demi-heure » et corrige mon billet en attendant d’avoir accès au Grevisse pour connaître le fin mot de l’histoire.
Mon abonnement payant à la version en ligne a expiré. Je ne l’ai pas renouvelé car trop cher pour l’usage que j’en fais. Optimiste, j’ai pensé que mon compte-fils me permettrait de travailler par petites touches sur la version papier... Et j’ai découvert que la médiathèque Marguerite Yourcenar dispose de cette vénérable grammaire, et d’un téléagrandisseur ! Quelle belle occasion d’y tester cet outil que je ne connais pas !
M’y voici.

De prime abord, je regrette la version numérique tant la recherche dans la table des matières n’est pas une sinécure : ne sachant pas ce que je cherche et ne maîtrisant toujours pas le vocabulaire de la grammaire, je dois noter toutes les entrées [**].
Je commence par la première référence. Le [§561-a] « Cas particuliers » (des « Adjectifs de formation expressive ») me propose d’emblée le cas de « mi » et « demi » qui « précédant le nom qu’ils qualifient et auquel ils sont joints par un trait d’union, restent invariables ». Je regrette un peu plus au passage la version en ligne du Grevisse et le copier-coller... Et continue mes investigations pour conclure que ma « demi-heure » est dans ce cas.
J’apprends au passage que dans une construction avec un autre adjectif, on supprime le trait d’union. Je trouve comme exemple une « demi jeune fille » (avec des exceptions) ; j’ignore si elle est coupée en deux dans le sens de la longueur ou de la largeur... [***]
Passons. Et quand « demi » suit le nom, il s’accorde en genre et pas en nombre : « deux heures et demie ». Il est d’usage également que « midi et demi » et « minuit et demi » restent au masculin. Cela me paraît logique vu que « midi » et « minuit » sont masculins, mais il est vrai qu’il s’agit alors de « la demie de minuit (de midi) ».
Cet article du Grevisse précise enfin que « demi » et « mi » peuvent être adverbes, donc invariables par nature cette fois (« à demi ») ou nom, variable : un « demi (de bière, de rugby) »…
Dernière remarque, piochée dans le [995-a-1°] « Adverbes indiquant des fractions », « demi » est employé comme « adverbe devant un adjectif ou un participe » dans la « langue littéraire ». Il est donc invariable et lié par un trait d’union : « un sourire demi-ironique (Gautier, militons, 1) ».

Je conclus donc cet article en remerciant Isabelle pour sa remarque, juste sur l’invariabilité de « demi ». Quant à ce « demie heure » au féminin et sans trait d’union... Une farce de Petit Mouton ? À coup sûr !

Addenda : 1er septembre 2013. Demi jeune fille et demi épouse.

J’ai lancé un appel dans cet article (ici) pour en savoir plus sur les « demi jeunes filles » et les « demi épouses ». Mélanie a fait quelques recherches et déjà trouvé ceci :
* Une utilisation de « demi épouse » dans la phrase clôturant le film Mémoires d’une Geisha (adaptation du Livre Geisha de Arthur Golden) : « On ne peut pas demander au soleil de briller davantage, ni aux nuages de retenir la pluie. Pour un homme, une geisha ne peut être qu’une demi-épouse. Nous sommes les femmes du crépuscule. »
* Une définition de « demi épouse » dans Commentaire sur la loi des Douze Tables, de Mathieu Antoine Bouchaud (texte de 1803) : « Les Grecs appellent une concubine ήμίγαμσυ, semiuxorem, une demi-épouse. Mulier étoit celle avec qui l’on contractoit un simple mariage, mais non des noces [nuptiae], ainsi nommées des cérémonies qu’on y pratiquoit, et du voile dont la fiancée se couvroit le visage, quand on la remettoit à son époux. » Vous pouvez lire la suite partiellement sur GoogleBook.
Si vous avez d’autres pistes, notamment sur « demi jeune fille », contactez-moi !


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[*Phrase extraite de « Bonheur @13 », La vie en Hétéronomie, 27 juin 2013

[**Je vous renvoie à un billet en Hétéronomie (ici) sur ma découverte du téléagrandisseur.

[*** Je cherche la définition de cette expression utilisée par Giraudoux dans Amphitryon 38 : « Nous n’aimons ici que les dieux complets. Nous laissons les demi-dieux aux demi-jeunes filles et aux demi-épouses. » Le texte est ici. Si vous savez, écrivez-moi !


Information publiée le lundi 22 juillet 2013.

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