D’un jour à l’autre

Et si l’on jetait le libéralisme sur la paille ?



Cy Jung (1980)®.

Depuis trois, quatre, six mois — j’ai du mal à évaluer tant notre ministre de l’Économie a cherché à minimiser l’affaire —, les marchés financiers s’effondrent. À leur suite, des établissements de crédit ont fait faillite, obligeant les gouvernements occidentaux à rompre avec le credo libéral pour nationaliser, renflouer, distribuer l’argent public afin de sauver le système.
Aujourd’hui, c’est toute l’économie qui vacille. Le chômage progresse. La production et la consommation chutent. La paupérisation des plus démunis s’accélère. Et, dans les pays du Sud dont on parle si peu, j’imagine que ce doit être encore pire.
Face à ce chaos — je crains que le mot ne soit pas exagéré —, qu’est-ce que les gouvernements des pays les plus riches proposent ? Une injection de capitaux par-ci, une prime à la casse par-là, un cadeau fiscal au passage et au final, il y a fort à parier que les détenteurs du capital tireront leur épingle du jeu dans une économie toujours plus libérale qui aura, j’en mettrais ma main au feu, sacrifié les droits sociaux sur l’autel de la relance comme les droits de l’Homme et les libertés publiques sont encore chaque jour sacrifiés sur l’autel de la lutte contre le terrorisme.
« On vous ment, on vous spolie ! » disait à chaque meeting Arlette Laguiller. Ma culture et mon engagement politiques n’ont jamais été d’inspiration marxiste et le Grand Soir, celui qui annonce la révolution communiste, ne m’a jamais paru crédible.
Pour autant, ces deux ou trois semaines de septembre où l’on annonçait à chaque ouverture de bourse une nouvelle chute spectaculaire des valeurs, je me suis mise à rêver que le système libéral explosait, que l’argent ne valait plus rien, que les billets de banque en flammes réduisaient en cendres la propriété privée pour une société plus juste et plus égalitaire.
Quel joli spectacle… ! Et après ? Je n’ai pas rêvé longtemps. Je suis, comme la plupart d’entre vous, très attachée à ce que ce système me permet de vivre dans le confort et, ayons-en conscience, nous, Occidentaux, une certaine opulence. Je honnis le profit pour le profit, l’exploitation des personnes, le toujours plus de richesses au détriment du plus grand nombre. Je honnis, certes, et après ?
Le système tel que nous le connaissons ne peut être corrigé à la marge. Un « libéralisme social » n’a pas de sens car le libéralisme se fonde sur l’exploitation des uns — celles et ceux qui n’ont que leur force de travail — par les autres — les détenteurs du capital.
Je schématise, bien sûr ; c’est forcément plus compliqué que cela. Mais une fois que l’on a conscience que le système nous tient, car il a su nous attacher au peu que nous possédons en nous donnant l’espoir de posséder plus, peut-être est-il possible alors de nous positionner chacun autrement, sans voiler les limites, sans dénier non plus à l’intelligence humaine sa capacité à penser le monde autrement ?
Pour ma part, je suis convaincue que la solution se trouve dans la Révolution écologique, parce qu’elle propose un modèle global dans lequel chaque personne joue son rôle. Je livre à votre réflexion le texte d’orientation adopté par le congrès des Verts le 6 décembre 2008. Ce n’est pas parole d’évangile ; c’est juste un espoir, une pensée alternative qui s’exprime car, si j’ignore quelle est la solution, je sais qu’il devient urgent d’y réfléchir.

Cy Jung, 8 décembre 2008

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Information publiée le mardi 9 décembre 2008.

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