D’un jour à l’autre

Même pas un an ? Bigre !



Cy Jung — D'une jour à l'autre : Même pas un an ? Bigre !

Cela ne fait même pas un an, et pourtant… J’ai l’impression que cela en fait déjà dix, tant il me consterne, tant il ne mène pas de « grandes réformes de société », tant il a le prénom, mais du nom, absolument rien ! « Il », vous l’aurez reconnu. Et il me déçoit, son manque de courage, son manque d’imagination, son manque d’ambition. Mais si ce n’avait pas été lui, cela aurait été l’autre, celui que l’on a chassé avec l’idée que la gauche au pouvoir nous redonnerait l’espoir.
L’espoir… l’aurais-je perdu ? Certainement pas et il ne faut pas compter sur moi pour médire de l’action politique, ni des femmes ni des hommes qui, de nos communes au sommet de l’État, nous gouvernent. J’ai beaucoup de considération pour la plupart d’entre eux, quel que soit leur bord politique, car j’ai toujours eu une préférence et un profond respect pour celles et ceux qui font, qui agissent. Par contre, je dois convenir que je suis en train de sombrer dans l’ennui car j’ai l’impression que le gouvernement ne fait que gérer les affaires courantes au seul bénéfice de la crise économique et sociale qui, si l’on y regarde bien, sait profiter de tout !
Alors, bien sûr il y a de beaux moments de bravoure (merci Christine Taubira !) mais la transformation en profondeur d’une société a besoin d’autre chose que de belles prestations au Parlement. François Mitterrand a eu de la chance, historiquement. Il y avait tant à faire du côté des droits et des libertés que la vie a effectivement changé en très peu de temps. Et l’homme avait une stature que son successeur socialiste n’a décidément pas. Si je voulais être cynique, je dirais « Heureusement qu’il y a la guerre au Mali pour qu’il prenne un peu de hauteur. » Je n’ai pas envie d’être cynique. Je ne veux pas que la guerre donne à qui que ce soit une « stature ». Et je ne veux pas que le gouvernement se résume à des postures et à des petites phrases.
On me rétorquera sans doute que « C’est la faute des médias. » qui ne relaient que le plus scandaleux ou le plus spectaculaire. Je n’y crois pas une seconde ou, pour être plus juste, je pense que l’on a les médias que l’on mérite… et le président que l’on mérite, forcément. J’ai élu celui-là, comme vous, peut-être. Face au pire, je ne regrette pas mon vote mais je ne suis pas fière de ce qu’il fait. Il me fait peur, même, dans son incapacité à aller au-delà des apparences, à penser son action en dehors du système économique productiviste où le plus grand nombre produit et consomme pour le seul profit du plus petit nombre.
Le socialisme à la française, tel que l’a finalisé François Mitterrand, est au bout de ce qu’il pouvait pour changer la vie. Parce c’est bien ce à quoi j’aspire, changer la vie, mettre en grand coup de pied dans notre façon de penser notre avenir, supprimer les institutions sclérosantes et liberticides (suivez mon regard…), rompre avec la logique de croissance, de productivisme et de consommation à tout prix, inventer un monde meilleur respectueux des personnes, des ressources naturelles et des générations futures. Des grands mots ? Oui, le mal est grand et il est temps de sortir de cette logique de peur qui confine nos actions dans le champ de ce qui existe déjà.
Et en votant pour l’actuel président, j’espérais que l’on aille dans ce sens-là ? Un peu, quand même… Je ne me sens pas si incrédule. Car l’espoir, je ne le lâcherai pas, même pas avec ce gouvernement-là. Nombre de ses ministres sont méritants, et font ce qu’ils peuvent. C’est juste le président qui… qui… Kéké ? Non, ça, c’est un autre, qui dit bien l’impasse idéologique dans laquelle se trouve le parti socialiste. Mais qu’importe, finalement, cela ne doit pas nous empêcher nous, chacun, là où l’on est, de faire notre part du rêve. Dans nos comportements économiques et sociaux, dans nos relations personnelles, dans nos savoirs et nos partages, prenons nos responsabilités. Affirmons toujours et encore notre citoyenneté. Soyons créatifs et vigilants. Si le monde n’y gagne rien, au moins, nous y aurons chacun construit notre liberté. C’est tellement bon !

Cy Jung, 14 mars 2013.

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Information publiée le jeudi 14 mars 2013.

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