Jeux textuels, ateliers et performances

Jeu textuel — Une lettre pour dire « Je t’aime »



Cy JUng — Jeu textuel — Une lettre pour dire « Je t'aime »

Vendredi 3 février 2012. 20 heures au Vendredi des femmes du Centre LGBT Paris-IDF (non mixte).

À quelques jours de la Sainte Valentine, Cy Jung était l’invitée du Vendredi des Femmes du Centre LGBT Paris-IDF pour jeu textuel où il était question d’écrire une lettre qui dise « Je t’aime » à celle que l’on aime, à celle que l’on a aimée, à celle que l’on aimera…
Mais « aimer », c’est quoi au juste ?
Chaque participante a pu oralement répondre à cette question et ainsi donner des mots permettant à toutes d’écrire une lettre, au futur puisque la Sainte Valentine était à venir, une lettre au « je », comprenant une dizaine de ces mots.

Merci à la vingtaine de femmes présentes à cette soirée, et à l’aide précieuse d’Isabelle dans l’animation de ce Jeu textuel.

Voici les mots qui ont été récoltés
Aimer. Aller. Amour. Ange. Bêler. Brin d’herbe. Buisson. Chat. Cheveux. Clairière. Coccinelle. Coquine. Couler. Découpage. Découvrir. Dormir. Émotion. Émouvoir. Éprouver. Étoile. Fleur. Hic. Jouer. Lumière. Lune. Lunette. Miche. Mouse. Nager. Parfum. Passion. Petit-déjeuner. Promenade. Quai. Regard. Respirer. Ressentir. Resto. Retrouver. S’arrêter. Se toucher. Soleil. Tempête. Temps. Tête-à-tête. Vivre. Voyage. Yeux.
Et voici une partie des textes écrits…

Petite coquine,
Je te donne rendez-vous pour la Saint Valentin. Je te retrouverai à 19 heures derrière l’église. Je serai planquée dans la cabine téléphonique (transparente, comme ça tu me trouveras). Nous ferons semblant de partir en promenade, mine de rien, en fait nous irons découvrir les environs, se taper une petite mousse. Puis nous irons nous allonger sur une pelouse, grignoter quelques brins d’herbe. Nous serons rentrées à temps pour le petit déjeuner. Ce qui sous-entend que nous aurons joué toute la nuit. En partant, je sortirai le chat. Je me languis de te choper.
Ta grosse loutre.

Mes mains dessineront des étoiles, coccinelles hors du temps, sur ton corps dans la lumière du quai où notre voyage sera d’aimer. Nous découvrirons nos clairières et respireront une tempête sur la lunette des WC.
Je t’exprimerai combien vivre en dehors de toute niche fait découvrir le plaisir né du désir-fleuve de tes cheveux sur mes seins.
Nous nagerons enfin coquines, réduisant le pré en brin d’herbe où il fera bon bêler nos émotions jusqu’ici retenues.
Ton Océane

Mon amour, Rose de mon jardin,
Accepteras-tu de me retrouver demain ? Tu feras alors battre mon cœur et tu déchireras une tempête en moi. Je respirerai ton corps et ressentirai l’envie de le découvrir dans ses moindres détails. Je ferai naître ton désir et en jouirai comme un chat avec une pelote de laine. Je boirai ton plaisir et le temps s’arrêtera.
Marie-Agnès

À ma désirée, à mon tourment journalier…
Inutile de te dire que j’ai l’esprit pénétré par tes soins. … Demain, dans un élan frénétique, nous nous retrouverons autour d’un petit-déjeuner. Nos regards, émus, communiqueront dans une langue où la passion vivra, de nouveau. Te souviens-tu de cette nuit où nos corps faillirent s’embraser sous le flot de nos émotions ? Je revois tes cheveux, tes yeux qui tels des brins d’herbes renvoient cette lumière intense. J’étais fébrile comme la fois où je t’accueillis au quai de notre gare. Ton parfum étoilé m’avait fait voyager.
Demain, nos pas nous mèneront là où nous atteignîmes la lune.
Sabah

Mon ange, mon soleil… quand je t’ai découverte au resto, j’ai aussitôt éprouvé l’envie de toucher tes cheveux et respirer ton parfum !
J’aimerais qu’on se revoie, dans une clairière sous les étoiles. Pour retrouver la passion dans tes yeux… couler sur la mousse notre amour et m’émouvoir de ton regard où nagent tant d’émotions !
Ta coquine !
MG

Ma lune,
Je ne dormirai pas à l’ombre d’une tendresse partagée
La tempête de tes cheveux jouera avec mes seins
Ta clairière coulera dans ma gorge ouverte
Entre tes miches je respirerai enfin
Ma fleur se languira de toi
Je ne t’attendrai plus. Je t’aimerai.
E’

Laissons de côté le conditionnel, au futur je te ferai monter au ciel,
Je te rencontrerai avec émotion, éprise de ton parfum avec passion,
J’éprouverai le désir, monter en moi avec plaisir,
Passera le temps sans importance, tête à queue avec abondance,
Je regarderai la lumière sur ton corps, tous les jours jusqu’à la mort,
Ton regard me fera vibrer, dans tes yeux je vivrai à jamais.

Soleil de ma vie, ange de lumière, nous retrouverons-nous dans la clairière de la Belle Étoile ? Dans un buisson sur la mousse, à l’heure du ressenti, brins d’herbes sous le regard de la lune. Voyage dans tes yeux et au-delà d’elle.
Anonyme

Ma lumière,
je prendrai le temps de bêler à la lune pour émouvoir ton corps, pour y allumer une passion dévorante, je grignoterai tes délicats doigts de pieds lors de notre futur tête à tête, je te roulerai avidement dans la mousse et te ferai soupirer d’aise avant d’aller au resto pour parler enfin d’amour.
Marianna

Toi ma clairière dans les champs Ycaunais
Amour, je te respirerai toujours
je vivrai avec toi forever
le temps des fleurs ne s’arrêtera pas
Les flux couleront, no matter what
je te toucherai dans le soleil
tu me découvriras, nous nous émouvrons, on se ressentira
Nous dormirons dans la lumière de l’herbe
J’irai au bout des tempêtes avec toi
et - mon chat à lunettes, tu joueras encore ?
Veux-tu ?
Tempérance

Et comme d’habitude, Cy Jung a écrit après cette soirée un texte incluant tous les mots donnés. Le voici.

À toi, à tes yeux, ceux d’une autre…
Un voyage plutôt qu’une promenade.
Une gare, un quai défoncé, quelques brins d’herbe, un tapis de mousse, un buisson plus loin, une clairière. Un bélier se la coulera douce au clair de lune. C’est tout de même plus émouvant qu’un chat qui se toucherait en plein soleil !
J’éprouverai ton amour au premier regard, à l’instant précis où la coccinelle viendra dans tes cheveux. Elle nagera jusqu’à la branche de tes lunettes, respirera ton parfum, la coquine. Tu la découvriras. Tu t’arrêteras à ce tête-à-tête, et tu voudras vivre dans sa lumière, restos sous les étoiles, petits-déjeuners avec toutes sortes de miches, et moi ?
C’est ça le hic ! Mon temps sera échu d’avance alors que mon émotion aura d’emblée été à la fleur de ma passion. Tu te moqueras toujours de ce que je pourrai ressentir. Vous dormirez et jouerez ensemble pendant que je ferai du découpage. Je serai l’ange de service, je t’aimerai sans jamais te retrouver.
Encore une tempête pour rien !
J’en pleure.

Cy Jung, 23 février 2012.

Les comptes rendus de tous les ateliers animés par Cy Jung sont en lecture ici.

Petit rappel
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Information publiée le vendredi 2 mars 2012.

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